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Crise
La Belgique va légiférer contre les parachutes dorés
AFP
Mis en ligne le 07/10/2008
La Belgique va légiférer pour interdire les parachutes dorés dans des entreprises en difficulté dont elle deviendra actionnaire, a annoncé mardi le ministre des Finances, Didier Reynders, interrogé à la chaîne de télévision RTBF.
"Il n'est pas normal que quand quelqu'un quitte une entreprise après un échec --c'est ce que l'on dit quand l'Etat doit intervenir-- qu'il y ait en outre une indemnité exceptionnelle qui soit payée", a déclaré M. Reynders. "Ca ne doit plus exister, ça n'existera pas dans les entreprises dans lesquelles nous serons actionnaires, et on va légiférer sur le sujet", a-t-il prévenu.
De retour d'une réunion au Luxembourg avec ses homologues européens des Finances, le ministre belge a ainsi résumé l'état d'esprit général en Europe: "il est évident que la volonté quand un Etat intervient, c'est de mettre fin aux parachutes dorés et c'est même de jeter un oeil sur les rémunérations".
La Belgique a l'intention de traduire rapidement ce consensus européen dans sa propre politique. "Dans la déclaration de politique fédérale, la semaine prochaine au Parlement, il y aura bien entendu des instruments en la matière", a en effet annoncé M. Reynders. "Cela nous mettra d'ailleurs peut-être en conflit avec des dirigeants qui viennent de quitter un groupe et qui avaient conclu un contrat", a-t-il admis. Il a souligné qu'il était en revanche normal qu'il y ait "des indemnités de préavis pour toute personnes quittant une entreprise, que ce soit un ouvrier, un salarié, un cadre ou un dirigeant d'entreprise".
Dans une déclaration commune adoptée à Luxembourg, les ministres des Finances de l'UE se sont attaqués mardi aux "parachutes dorés", en prévenant que les dirigeants ne pourront revendiquer "des bénéfices indus" sous la forme d'indemnités de départ. Et "les gouvernements pourraient avoir la possibilité d'intervenir dans la détermination des rémunérations", souligne le texte.
Ils ont par ailleurs confirmé leur volonté de continuer si nécessaire "à recapitaliser les institutions financières" les plus importantes pour éviter une propagation de la crise. Cette stratégie a déjà conduit aux nationalisations au moins partielles de banques comme Fortis, Dexia ou Bradford & Bingley. Les dirigeants de Fortis et de Dexia ont déjà dû renoncer à leurs indemnités de départ sous la pression des gouvernements.
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