Belgique

La procureure a requis, mercredi, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, une peine de 8 ans de prison à l'encontre de chacun des frères Maâche, Karim et Baghdad, pour le "home invasion" au château de la Rocq à Seneffe le 29 février 2016. Elle a également requis une peine de 2 ans de prison supplémentaire à l'encontre de chacun d'eux pour avoir tenté de faire disparaître des preuves. La procureure a aussi requis une peine de 7 ans de prison à l'encontre d'Hicham Lahlou ainsi qu'une peine de 2 ans de prison supplémentaire, pour les mêmes préventions que les frères Maâche.

Elle a de plus requis une peine de 8 ans de prison à l'encontre d'un quatrième prévenu, des peines de 40 mois et 18 mois de prison à l'encontre des cinquième et sixième prévenus, et enfin une peine de 15 mois de prison, sans s'opposer à un sursis, à l'encontre du dernier prévenu.

Dans ce dossier, sept individus sont poursuivis pour avoir participé de près ou de loin au violent "home invasion" commis au Château de la Rocq à Seneffe le 29 février 2016.

Trois d'entre eux, Hicham Lahlou ainsi que Karim et Baghdad Maâche, sont aussi soupçonnés d'avoir tenté de faire disparaître des écoutes téléphoniques effectuées dans le cadre de l'enquête, subtilisées au greffe correctionnel.

Le conseil de Karim Maâche, Me Romain Delcoigne, a plaidé mercredi à la suite du réquisitoire. Il a demandé au tribunal de déclarer les poursuites irrecevables.

Selon lui, certaines observations policières ont été effectuées en toute illégalité. Or, c'est sur ces observations que la procureure se base pour soutenir que Karim Maâche avait effectué des repérages autour de plusieurs établissements Horeca appartenant à Restauration Nouvelle, la société des propriétaires du château de la Rocq à Seneffe.

"Certaines observations ont été faites avec "moyen technique" car on a utilisé un traceur pour suivre la voiture de mon client. Or, ce type d'observations n'était pas autorisé", a soulevé le pénaliste.

A titre subsidiaire, celui-ci a demandé de déclarer la nullité de ces actes et d'acquitter son client. "Il a été suivi pendant des mois par des enquêteurs qui se disent: "on trouvera bien quelque-chose". Cette méthode de travail m'inquiète. L'enquête a été menée complètement à charge parce qu'il s'agit des Maâche", a commenté Me Delcoigne, soulevant de nombreuses incohérences dans les observations policières, outre leur problème de légalité.

Le 29 février 2016, au moins six hommes armés, notamment d'une Kalachnikov AK47, et encagoulés, avaient fait irruption au Château de la Rocq, à Seneffe. Ils avaient plaqué le couple de propriétaires au sol, les avaient menacés de mort et avaient dérobé des bijoux, une somme de 44.000 euros et une Porsche. Ils les avaient ensuite enfermés dans l'arrière-cuisine avant de prendre la fuite.

Quelques jours tard, la police avait arrêté deux suspects, Karim et Baghdad Maâche, frères de Mohammed et Hassan Maâche. Cette fratrie française résidant à Ixelles est fichée comme active dans le grand banditisme.

Les plaidoiries se poursuivront les 9 et 17 mai prochains à 9h00.