Belgique

Depuis le printemps, on savait, au Parlement wallon, que la députée socialiste Maggy Yerna allait quitter l’assemblée à la rentrée. Il est vrai que celle qui est aussi échevine à Liège préside désormais le Conseil d’administration de l’ISoSL, intercommunale liégeoise versée dans les soins spécialisés. C’est fait. Sa suppléante, Christie Morreale, première échevine à Esneux, a prêté serment de nouvelle députée wallonne mercredi à Namur.

Mme Yerna a annoncé son départ le 25 septembre. Dans son courrier officiel de démission, elle a stipulé que celle-ci était effective au 1 er octobre.

La date n’est pas un détail.

D’abord, il faut comprendre que son mandat aura couru jusqu’au 1 er octobre inclus. Autrement dit, la partante a travaillé le premier jour du mois. Elle sera donc payée pour l’ensemble du mois. Car c’est ainsi, chez les parlementaires, on est en quelque sorte rétribué anticipativement. L’ex-députée gagne par conséquent 8 470 euros bruts à un jour près.

Ensuite, surtout, ce 1 er octobre est forcément survenu avant le 3… Soit le jour, jeudi dernier, où le bureau du Parlement a limité dans l’urgence les indemnités de sortie parlementaires. Pour rappel, suppression immédiate de l’indemnité en cas de départ volontaire, sauf circonstances exceptionnelles. Autrement dit, l’ex-députée peut revendiquer son indemnité à deux jours près. Soit 169 400 euros bruts, au terme de deux législatures ou quasi (1995-99 et depuis 2009). Joli cadeau d’anniversaire pour celle qui a pile 60 ans depuis mardi…

Au Saint-Gilles, les restrictions décidées la semaine dernière sous haute pression médiatique n’inspirent pas exactement un enthousiasme débordant. Alors, le cas Yerna fait jaser. Soyons pourtant de bon compte. Son pactole correspond aux règles en vigueur jusqu’il y a peu; et à l’annonce de sa décision, sa bénéficiaire ne pouvait prévoir, pas plus que quiconque, l’ébullition à venir autour de la situation de Stefaan De Clerck à la Chambre. Reste qu’elle a eu du pot; et qu’elle ne compte pas renoncer à l’indemnité jusqu’à preuve du contraire (nous n’avons pu la joindre hier).

Le choix de Morreale

Par ailleurs, la désignation de sa suppléante peut aussi poser question. C’est la fédération liégeoise du PS qui l’a désignée. Pas l’électeur qui aurait préféré sa devancière sur la liste des suppléants : Déborah Geradon, jeune échevine à Seraing (13 000 voix de préférence contre 7 000 à Morreale). Mme Geradon dit préférer ne pas lâcher ses dossiers pour un semestre de Parlement. On dit officiellement qu’elle a "décidé de passer son tour" . Ce qui n’interdit pas de s’interroger sur la spontanéité de son choix… Mme Morreale, discrète vice-présidente du PS dans les années 2000, était d’ailleurs privée de mandat parlementaire depuis janvier, dès lors que Paul Magnette avait alors repris son siège de sénateur.