Belgique

Environ 2.000 personnes ont participé samedi, à Bruxelles, à la manifestation contre le traité de libre-échange négocié entre l'Union européenne et les Etats-Unis (TTIP). Ce traité et d'autres accords similaires représentent, selon les manifestants, une menace pour le bien-être social, la sécurité du consommateur et la démocratie. "Avec le TTIP, les Etats-Unis et l'Union européenne veulent créer une vaste zone de libre-échange qui échapperait à toute forme de contrôle démocratique", dénonce un activiste, Sébastien Franco. "Des multinationales auraient la possibilité d'attaquer les législations nationales en matières d'environnement, de santé, de sécurité alimentaire, etc, si elles estiment qu'elles menacent leurs profits. De tels litiges ne seraient pas traités devant les cours et tribunaux nationaux mais par une cour d'arbitrage privée, qui jusqu'à présent a toujours pris le parti des multinationales américaines."


La manifestation n'était pas seulement dirigée contre le TTIP (Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement) mais aussi contre d'autres accords de libre-échange comme le CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement) entre le Canada et l'Union européenne.

Pour les manifestants, les accords de ce type ne seraient favorables qu'aux multinationales. "L'accord NAFTA par exemple, entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, s'est révélé catastrophique pour l'économie mexicaine et latino-américaine. Les citoyens et travailleurs ne retirent aucun avantage de ce genre d'accords. Au contraire, ces accords ne font qu'ouvrir la voie à la libéralisation et la commercialisation de secteurs comme les soins de santé et l'enseignement, ce qui ne peut être que néfaste".


Le TTIP aurait aussi un effet catastrophique sur l'agriculture. "L'indépendance de l'agriculteur est menacée, nous allons tous finir sous la coupe de l'agro-industrie, avec toutes les conséquences que cela implique pour la sécurité alimentaire et les revenus des agriculteurs."

Journée d'action mondiale contre les traités de libre-échange

Plusieurs centaines de manifestations étaient prévues samedi à travers le monde, principalement en Europe et en Allemagne, contre les accords de libre-échange, à l'image du "TTIP" actuellement en négociations entre les Etats-Unis et l'Union européenne.

Principale cible des manifestants : l'accord TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership, en français TAFTA), dont le prochain round de négociations débute lundi à New York, et qui vise à supprimer les barrières douanières et règlementaires entre les USA et l'Europe.

Ses opposants redoutent qu'il ne débouche sur une dérèglementation généralisée et un recul du champ d'action des gouvernements.

L'appel de samedi, lancé par un collectif international d?associations, ONG, syndicats, partis... et relayé dans 45 pays, prévoyait quelque 750 actions, rassemblements ou manifestations dans le monde entier.

Outre TTIP, il vise d'autres accords en préparation, comme celui sur le commerce des services (ACS ou TISA en anglais) ou celui entre l'UE et le Canada (Accord économique et commercial global, CETA).

En Allemagne, où TTIP déchaîne les passions, il a connu un écho particulier : selon une porte-parole d'Attac Allemagne, "plusieurs dizaines" de milliers de personnes manifestaient samedi après-midi dans le pays, où 230 actions étaient organisées 170 "villes et villages".

15.000 personnes ont manifesté à Munich (sud), 2.000 à Leipzig (est), un millier à Stuttgart (sud-ouest), a ajouté cette porte-parole, selon laquelle un grande manifestation anti-TTIP aura lieu le 10 octobre à Berlin.

Une quinzaine d'événements étaient prévus dans la capitale, dont une chaîne humaine entre les ambassades du Canada et des Etats-Unis.

Ailleurs, d'autres actions (rassemblements, stands d'information, tractages...) étaient prévues, en Europe (France, Espagne...) mais aussi aux Etats-Unis, en Amérique latine (Brésil, Colombie...), en Afrique (Burkina Faso, Zimbabwe...), au Pakistan ou encore au Bangladesh.

A Varsovie, environ 300 personnes ont manifesté devant la représentation de la Commission européenne, a rapporté l'agence polonaise PAP.

A Helsinki, environ un millier de personnes, dont certaines étaient masquées, ont défilé en musique -- batteries et heavy metal -- dans les rues de la capitale finlandaise.

Vendredi, la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a défendu le TTIP, rejetant l'idée qu'il menacerait la démocratie, l'environnement ou encore les consommateurs : "ce n'est absolument par le cas", a-t-elle écrit sur son blog. "TTIP ne va pas changer nos règles sur les OGM ou le boeuf aux hormones", a-t-elle encore assuré.