Belgique

Comment jugez-vous le projet «Armes» de la ministre de la Justice, Laurette Onkelinx?

Soumettre tous les types d'armes à autorisation signifie aller encore plus loin que la directive européenne alors que la loi actuelle est déjà en concordance avec ladite directive. Je ne vois pas l'utilité d'être plus catholique que le pape. De toute façon, cela n'évitera pas les coups de folie comme celui d'Anvers.

Le but du projet est pourtant d'éviter des tueries comme celle d'Anvers...

L'adoption de la proposition du député Philippe Monfils aurait permis d'éviter une telle tragédie. Il proposait de coupler le «modèle 9 » -soit, la déclaration établie lors de l'achat d'une arme de chasse- avec l'obligation pour l'acheteur de produire un certificat de bonne vie et moeurs. L'obtention du certificat établirait un délai de fait -au moins 1 mois pour l'enquête de police- qui éliminerait les achats impulsifs. Aujourd'hui, pour avoir cet effet, il suffirait de modifier l'article 25 de la loi actuelle. Les armuriers ne demandent pas mieux.

Soumettre toutes les armes au régime de l'autorisation sans exception contribue aussi à réduire la prolifération des armes légères ainsi qu'une certaine criminalité...

D'abord, si quelqu'un veut absolument se procurer une arme, il peut le faire avec facilité sur le marché noir. Ensuite, les pays qui, à l'instar du Royaume-Uni, ont adopté une législation très stricte sur les armes pour des raisons sécuritaires n'ont pas vu, bien au contraire, leurs chiffres de la criminalité diminuer. A contrario, un pays comme la Finlande qui possède le taux de pénétration d'armes dans les foyers parmi les plus hauts d'Europe présente aussi un des taux de criminalité les plus faibles. Enfin, chaque fois que l'on décide que l'achat de nouvelles catégories d'armes doit être soumis à des autorisations, cela se répercute sur les ventes des armuriers. Alors, bien sûr, si on veut faire fermer boutique à un fleuron de la Wallonie...

© La Libre Belgique 2006