Belgique Métiers pénibles et pension à points au centre de la colère. Tec et Stib risquent d’être perturbés.

Cinq mois plus tard, les syndicats remettent le couvert. En front commun, la CSC (chrétien), la FGTB (socialiste) et la CGSLB (libéral) appellent ce mercredi à une nouvelle manifestation contre la réforme des pensions du gouvernement Michel. Le 19 décembre dernier, ils étaient près de 30 000 dans les rues de Bruxelles. Ce 16 mai, selon les sources, on attend entre 40 000 et 60 000 manifestants. Le parcours n’a pas changé : départ à 11 h à la gare du Nord, arrivée à 13 h à la gare du Midi, à côté de laquelle se situe une cible stratégique : la Tour des pensions, siège du service fédéral des pensions.

Les trains roulent

Le centre de Bruxelles sera donc difficilement accessible en voiture. Les transports en commun seront également perturbés, a annoncé la Stib, qui conseille de prévoir des alternatives. Les Tec wallons seront eux aussi impactés par le mouvement, avec une intensité variable selon les régions. La SNCB, en revanche, fonctionnera normalement. Huit trains supplémentaires ont même été programmés. La SNCB a même annoncé que les manifestants pourront bénéficier d’un ticket spécial "événement", moins cher qu’un billet classique.

Pour le reste, les entreprises et les services publics devraient fonctionner quasi normalement. On ne peut exclure des perturbations en raison de l’absence des travailleurs partis manifester (qui seront couverts par une indemnité de grève), mais il n’y a pas eu de mot d’ordre de grève.

Les raisons de la colère

Mais au fait, pourquoi cette nouvelle manifestation ? Les motifs de la grogne des syndicats sont divers. Ils n’ont toujours pas avalé le relèvement de l’âge légal de la pension à 67 ans et plaident pour un retour à la pension à 65 ans. Ils réclament des pensions plus élevées, alors que la pension légale moyenne est l’une des plus basses en Europe.

Plus en lien avec l’actualité, le front commun réclame une véritable prise en compte de la pénibilité du travail dans le calcul des droits de pension. Ce sujet est désormais sur la table de négociation des partenaires sociaux, qui doivent définir ensemble une liste de métiers pénibles qui donneront droit à une pension anticipée. Les syndicats craignent que les règles et budgets qui seront fixés ne permettent pas de valoriser correctement l’exercice d’une fonction pénible.

Enfin, les syndicats rejettent le projet de pension à points de la "suédoise". Dans un système à points, les travailleurs accumulent des points tout au long de leur carrière, qui sont convertis en euros au moment de la mise à la retraite. Ce qui dérange particulièrement les syndicats, c’est que la valeur du point sera déterminée chaque année et que le montant exact de la pension d’un travailleur restera donc incertain jusqu’à sa retraite. Les experts qui conseillent le gouvernement assurent cependant que l’incertitude ne sera pas plus grande qu’aujourd’hui, que les variations de la valeur du point seront limitées et que les pensions ne diminueront pas en fonction de la conjoncture.

Dans "La Libre" du 28 avril, le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine (MR) a défendu la pension à points, qu’il estime plus juste que le système actuel, mais a confié qu’elle ne serait pas nécessairement adoptée sous cette législature. Des propos qui pourraient bien doper la motivation des troupes syndicales à combattre cette réforme.

© D.R.