Belgique

Le 31 octobre 1517, le moine augustin allemand Martin Luther placardait ses 95 thèses sur la porte de l'église de Wittenberg. Luther pourfendait ainsi le système des indulgences prôné alors par l'Église catholique, qui servait notamment à financer la construction de la basilique Saint-Pierre de Rome. Selon Luther, Dieu pardonne les péchés après que le croyant a montré de la repentance et non après avoir payé une somme d'argent. Ces critiques ont eu un écho considérable en Europe occidentale. C'est pourquoi la date du 31 octobre 1517 a été retenue comme point de départ de la Réforme protestante, même si certains historiens s'interrogent sur la véracité de l'événement. Le 3 janvier 1521, Luther rompt officiellement avec l'Église catholique, après avoir été dénoncé au pape.

Henri Voes et Jean van Esschen, deux frères augustins appartenant au couvent d'Anvers, sont les premiers martyrs de la Réforme. Emprisonnés dans la forteresse de Vilvorde, ils voient leur couvent rasé. Contrairement aux autres religieux qui avaient été faits prisonniers, ils refusent de renier leur foi. Ils sont brûlés vifs sur la Grand-Place de Bruxelles en 1523 pour hérésie. Leur mort marque le début de l'inquisition dans les Pays-Bas (qui incluaient la Belgique) gouvernés par Charles Quint.

Pendant plusieurs siècles, les protestants seront victimes de poursuites politiques et religieuses. Mais le protestantisme réussit finalement à s'implanter. Là où il s'installe, les catholiques sont à l'inverse considérés comme des citoyens de seconde zone.

En 1648, le traité de Westphalie répartit catholiques et protestants sur base territoriale. Ce n'est qu'au 19e siècle que la liberté religieuse individuelle est promue en Europe occidentale.