Belgique

S’il y a bien un reproche qu’on ne peut pas faire à Ben Weyts, c’est celui de manquer d’opiniâtreté. Après avoir voulu connaître la répartition linguistique des demandes d’immatriculation enregistrées à Bruxelles et en périphérie, après avoir demandé à la ministre des Entreprises publiques Inge Vervotte (CD&V) dans quelle proportion les courriers envoyés aux Bruxellois et aux habitants de la périphérie par Belgacom sont rédigés en français et en néerlandais.

On ne sait trop si les réponses lui ont plu. Mais on a des doutes. Dans le premier cas, il est apparu que seuls 6,24 % des demandes d’immatriculations à Bruxelles se font dans la langue de Vondel contre 93,76 % dans celle de Molière. Et dans le second cas, que 91 % des factures de Belgacom adressées aux habitants de Bruxelles sont rédigées en français contre 7 % en néerlandais, 0,5 % en allemand et 1,5 % en anglais ("La Libre" du 3/8). Des statistiques qui viennent quelque peu ébranler l’affirmation des partis flamands pour qui 12 à 15 % des Bruxellois parlent le néerlandais.

Ben Weyts ne s’était pas laissé démonter. Il avait affirmé à l’époque que ces chiffres sous-estimaient systématiquement la présence néerlandophone à Bruxelles, parce que, expliqua-t-il alors, les Flamands s’adaptent très facilement et que dès lors dans les couples mixtes, c’est le français qui finit par s’imposer.

A-t-il voulu valider cette hypothèse ? C’est possible. En tout cas, il récidive. Le député N-VA vient de demander - par écrit - à la ministre des Affaires sociales Laurette Onkelinx (PS) dans quelle proportion les courriers de l’Inami envoyés aux citoyens sont rédigés en français ou en néerlandais.

La réponse vient de lui parvenir. Et disons-le tout de suite, elle n’infirme pas les chiffres déjà reçus précédemment. Au contraire, elle les confirme.

Quelques précisions d’abord. L’Inami envoie très peu de courriers aux citoyens. Il est en revanche en contact direct avec les dispensateurs de soins. Et il s’adresse à eux dans la langue utilisée par ces derniers lors de leur enregistrement auprès de l’institution. C’est en somme un recensement linguistique des prestataires de soins (médecins, kinés, dentistes, infirmiers, etc.) que livre Laurette Onkelinx en réponse à Ben Weyts.

L’un des enseignements majeurs, c’est que seulement 7,61 % des dispensateurs de soins actifs à Bruxelles en 2010 ont fait leur demande d’agréation à l’Inami en néerlandais. Et c’est un chiffre qui s’érode lentement : ils étaient encore 7,78 % à l’avoir fait en 2008 et 7,68 % en 2009.

Les chiffres montrent par ailleurs un mouvement inverse des prestataires de soins francophones dans le Brabant flamand. En 2010, 16,75 % des dispensateurs étaient enregistrés comme francophones par l’Inami. C’est - un tout petit peu - plus qu’en 2008 (16,40 %) et qu’en 2009 (16,50 %).

C’est surtout dans les communes à facilités que cela se marque. Les chiffres de la ministre des Affaires sociales révèlent qu’en 2010, 77,17 % des prestataires de soins actifs à Drogenbos, Linkebeek, Kraainem, Rhode-Saint-Genèse, Wemmel et Wezembeek-Oppem sont recensés comme des francophones par l’Inami et s’adressent en français à lui. Un chiffre en très légère augmentation par rapport à 2008.

C’est dans la commune de Wemmel que le nombre de prestataires de soins néerlandophones est le plus important (39,47 % du total) et à Kraainem qu’il est le plus faible (9,3 %).