Belgique

Selon Touring, quatre automobilistes sur dix seulement respecteraient une limitation de vitesse jugée illogique. Ce qui incite le club automobile à demander une adaptation des limitations sur une série de voiries du pays. L’association de défense des automobilistes considère, en effet, qu’en certains endroits, les limitations de vitesse sont ressenties comme une mesure vexatoire, surtout quand c’est précisément à ces endroits que sont installés des radars. Les usagers ont l’impression que les autorités cherchent davantage à faire entrer de l’argent dans les caisses qu’à améliorer la sécurité routière, considère en substance l’association. Qui épingle une série de chaussées où on ne peut circuler qu’à 50 km/h, alors que l’infrastructure (pistes cyclables protégées, présence de deux bandes dans chaque sens et d’une berme centrale) invite plutôt à rouler en toute sécurité à 70 km/h.

A l’inverse, ajoute Touring, il existe des routes sans infrastructure sécurisée où il est curieusement permis de circuler à 90 km/h alors qu’il y serait indiqué de réduire la vitesse maximale autorisée à 70 km/h.

Touring insiste sur le fait qu’une limitation de vitesse paraissant injustifiée engendre un sentiment de frustration chez les usagers qui la ressentent comme une mesure vexatoire, ce qui n’est guère propice à assurer la sécurité.

Vive la méthode scandinave

Touring prône la méthode scandinave, qui se base sur la vitesse pratiquée par la moyenne des automobilistes. La vitesse observée par 85 % des conducteurs détermine la hauteur de la limitation de vitesse, indique le club automobile. Conclusion, selon lui : la plupart des automobilistes adaptent leur vitesse d’une manière correcte et respectent les limitations, même lorsqu’elles sont basses.

Touring rappelle que les autorités bruxelloises ont fait passer la vitesse limite de 50 à 70km/h dans certains tunnels et qu’il y a donc moyen d’infléchir les politiques.

Touring demande en tout état de cause une évaluation approfondie des limitations de vitesse existantes et une adaptation de celles-ci sur la base de critères concrets et réalistes. Et de plaider pour une coordination entre les régions, les communes et les villes. A tout le moins, scande Touring, pour fixer une limitation de vitesse, il faudrait prendre en compte les facteurs suivants : la route compte-t-elle une berme centrale; des pistes cyclables et des trottoirs séparés de la chaussée; des bandes de circulation bien délimitées; des radars; des carrefours présentant une bonne visibilité et équipés de feux synchronisés ? Le communiqué s’achève par un relevé de tronçons routiers où, selon Touring, les limitations de vitesse sont inappropriées.

Contraintes

Que dit-on de tout cela du côté de l’Institut belge pour la sécurité routière (IBSR) ? Son porte-parole, Benoît Godart, se montre prudent voire circonspect. "On peut parfois s’interroger sur les raisons qui ont guidé les autorités pour décréter une limitation de vitesse mais elles tiennent le plus souvent compte de situations particulières", observe-t-il.

"Dans la liste citée par Touring, figure l’avenue des Croix de Feu, à Bruxelles, où la vitesse limite est de 50km/h alors que, dit Touring, l’infrastructure permettrait de la relever à 70. Si les autorités ont décidé de la fixer à 50 et d’installer un radar, c’est parce qu’on avait constaté des accidents impliquant des usagers faibles cherchant à gagner les arrêts de tram longeant la chaussée. Depuis, le nombre d’accidents diminue et les automobilistes adaptent leur vitesse."

Un exemple, selon M. Godart, de la nécessité de tenir compte des contraintes locales. "On pourrait croire que deux routes présentant la même configuration sont aussi sûres l’une que l’autre. Mais cela peut ne pas être vrai pour des raisons diverses, topographiques, climatiques, que sais-je encore ?"