A l’unif, les cours se suivent aussi on-line

Stéphanie Bocart Publié le - Mis à jour le

Belgique

Alors que notre société est de plus en plus hyperconnectée (Internet, Facebook, tablettes numériques, ), les universités belges, qui forment chaque année des milliers de chercheurs, médecins, avocats, ingénieurs, linguistes, , n’ont pas hésité à intégrer ces nouvelles technologies pour en faire de formidables opportunités pédagogiques à l’adresse de leurs enseignants et étudiants.

Pionnière dans ce domaine, l’université libre de Bruxelles (ULB) a ouvert en 1998 "l’Université virtuelle, soit le premier campus virtuel officiel en Communauté française" , indique Eric Uyttebrouck, coordinateur de la cellule PRAC-TICE, cellule centrale en charge, à l’ULB, de l’e-learning et des TICE (technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement).

Concrètement, tout enseignant de l’ULB peut mettre, sur ce campus virtuel, un cours en ligne, que ce soient des ressources pures ou des dispositifs construits autour du cours. Actuellement, près de 2 000 cours sont présents sur le Web de l’Université virtuelle, ce qui est "une bonne proportion" , estime le coordinateur. Car, "de plus en plus, chaque cours au programme a un cours en ligne associé" .

Au-delà, l’ULB travaille sur d’autres projets d’e-learning comme l’opération "Objectif réussite" pour les étudiants de 1er bac qui suivent des cours de physique, chimie ou mathématiques. "Ce sont des cours de remédiation en ligne , explique M. Uyttebrouck. Le but ? Permettre aux étudiants d’évaluer leur niveau, de combler leurs lacunes et de se mettre au travail de façon autonome." L’ULB expérimente en outre un dispositif de podcast audio-vidéo et filme certains cours en auditoire.

L’université de Liège (ULg) a, elle, démarré l’e-learning en 1999, d’abord au sein de la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation, avant que la cellule Labset (Laboratoire de soutien à l’enseignement télématique) ne soit intégrée à l’Ifres (Institut de formation et de recherche en enseignement supérieur). "Au départ, nous avons mis en place une plateforme pour apprendre en ligne et avons expérimenté d’accompagner pendant un an quelques professeurs pour les aider à mettre leur cours en ligne" , se rappelle Béatrice Lecomte, coordinatrice de l’e-campus de l’ULg. Depuis 2005, les cours en ligne ont commencé à être développés et les formations aux enseignants systématisées. A ce jour, le Labset a accompagné plus de 300 enseignants pour mettre leurs cours en ligne.

En vertu d’un décret du ministre Marcourt (PS), "cette année est la deuxième année où tous les enseignants doivent mettre en ligne leurs notes de cours" , reprend-t-elle. Dans le même temps, les professeurs ont la possibilité de créer de véritables "espaces de cours" sur l’e-campus. "C’est là une valeur ajoutée par rapport aux cours simplement mis en ligne puisque les étudiants y trouvent des activités de remédiation, peuvent revoir certains prérequis, accéder à des illustrations, poser des questions, etc. , pointe M me Lecomte. Actuellement, sur le total des cours disponibles au programme, 25 % sont, en moyenne, exploités dans les espaces de cours de l’e-campus."

L’université catholique de Louvain (UCL) a également développé plusieurs expériences d’e-learning. Ainsi, depuis septembre 2011, face à la recrudescence d’étudiants en Faculté de médecine - près de 400 étudiants pour un auditoire de 260 places en 1er master -, deux solutions ont été dégagées : 1) filmer le cours et le diffuser simultanément sur grand écran dans un second auditoire, et 2) enregistrer le cours et permettre aux étudiants de le visionner par après chez eux via la plateforme en ligne de l’UCL (UCLine). "Cette expérience donne un résultat surprenant , concède le doyen de la Faculté de médecine Francis Zech, au départ "farouchement opposé" à cette idée. La participation au cours n’a pas diminué, et les étudiants profitent des vidéos pour, à domicile, revoir leurs cours et compléter leurs notes."

Même sentiment pour Emmanuelle Rassart, professeure à la Faculté de philosophie, arts et lettres, qui, pendant deux ans, a donné cours de français des affaires, tout en vivant aux USA. "J’ai donné ce cours classiquement et en ligne. Par rapport à l’enseignement à distance, j’ai constaté que les étudiants comprennent mieux les objectifs, que leurs travaux sont plus mûrs et qu’ils respectent mieux les échéanciers. D’ailleurs, je suis revenue en Belgique mais je poursuis cette méthode d’apprentissage."

"L’e-learning peut concerner toutes les matières , déclare Béatrice Lecomte, mais l’essentiel est d’avoir un scénario adapté à son objectif et son public." Pour Eric Uyttebrouck, "l’e-learning poursuit avant tout un objectif pédagogique. Certes, il est clair qu’il y a une pression des étudiants pour que les notes ou PowerPoint des professeurs soient mis en ligne, mais l’e-learning relève aussi, avant tout, d’une décision individuelle de chaque enseignant" .

Publicité clickBoxBanner