"A perdre la raison" subsidié à hauteur de 620.000 €

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Le film de Joachim Lafosse "A perdre la raison", qui s'inspire de l'assassinat de cinq enfants par leur mère en 2007 à Nivelles, a été subsidié à hauteur de 620.000 euros par le Centre du cinéma et de l'audiovisuel de la Communauté française, a répondu mardi la ministre Fadila Laanan (PS) à une question d'Alain Destexhe (MR), en commission du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Cette décision se fonde sur les recommandations de la Commission de sélection des films. Certaines précautions ont été exceptionnellement prises par le Centre du Cinéma et de l'Audiovisuel.

"C'est ainsi qu'une analyse juridique détaillée a été réalisée et transmise aux producteurs du film, afin de clarifier les principes de liberté de création et d'expression ainsi que le respect de la vie privée, dans le cadre de la réalisation d'un film inspiré d'un fait divers", a précisé la ministre.

Alain Destexhe s'est dit choqué de constater que "l'argent du contribuable ait pu être utilisé pour ce genre de projet". S'il confesse n'avoir pas vu le film ("j'ai fait exprès de ne pas aller le voir"), il estime toutefois que la mère en sort "particulièrement bien" par rapport à la vérité judiciaire, et que le film participe d'une tentative de réhabilitation à son égard.

La ministre n'est pas de cet avis: "inspiré d'un tragique fait divers, Joachim Lafosse nous propose un regard sur un phénomène d'enfermement progressif d'une femme qui mène à l'issue que l'on connaît". Si Mme Laanan respecte "les sensibilités de l'opinion publique qui a été fortement marquée par le drame de Nivelles", elle rappelle toutefois que le film s'en écarte "largement".

Joachim Lafosse "donne son point de vue de cinéaste sur la thématique des dysfonctionnements intrafamiliaux, son intention est de tenter de comprendre comment une femme peut arriver à commettre de tels actes". Il ne donne donc pas son point de vue "sur les faits qui relèvent entièrement de la justice".

Présenté au Festival de Cannes dans la section officielle "Un certain regard", le film avait été largement salué par la critique et a valu à Emilie Dequenne le prix de la meilleure actrice pour son rôle de mère infanticide.

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