Belgique

"Nous n’avons rien à cacher." Fortement critiqués suite aux différentes polémiques entourant le survol de Bruxelles, les patrons de Belgocontrol et de l’aéroport de Bruxelles-National ont décidé de jouer "cartes sur table" avec les riverains. "Ces différents épisodes ont créé de l’incompréhension et même de la méfiance envers les contrôleurs aériens", explique Johan Decuyper, le CEO de Belgocontrol, l’organisme en charge de la sécurité aérienne en Belgique. Les autorités aéroportuaires ont donc décidé de rendre publiques toutes les informations relatives au trafic aérien sur un seul site (www.batc.be).

Ce site permet de voir sur quelles pistes les avions atterrissent ou décollent quasiment en "temps réel" et jusqu’à sept jours en arrière. "Si une autre piste que la piste prévue est empruntée, les raisons de ce choix, par exemple les conditions météorologiques, sont également indiquées", explique Johan Decuyper. La nouveauté est également de permettre à chacun de calculer la distance entre sa propre maison et n’importe quel avion survolant la Belgique (voir infographie ci-dessous). Avec un gros bémol : contrairement à certains site internet, comme "flightradar", qui donnent les informations "en direct", celles des autorités aéroportuaires sont décalées d’une heure "pour des raisons de sécurité". "Nous ne publions pas sur le site les trajectoires des vols militaires ou ceux d’hélicoptères de la police par exemple", poursuit M. Decuyper. Le patron défend sa paroisse. "Flightradar ne donne que 65 % des vols réels. Nous donnons l’ensemble des vols commerciaux et nos données sont officielles, contrairement à celles d’autres sites."

"C’est la ville qui est venue à l’aéroport"

Le nouveau site permet aussi de consulter l’impact du bruit émis par les avions, répertoriés par les 21 sonomètres de Brussels Airport. "Nous n’excluons pas d’inclure prochainement les sonomètres de Bruxelles Environnement dans le système", explique Arnaud Feist, le CEO de Brussels Airport. Ce n’est qu’une première étape. Le but est d’être totalement transparent".

Et il y aura du travail pour les autorités, car les questions des riverains ne cessent d’affluer, notamment concernant "l’après plan Wathelet", le 2 avril prochain. Autre préoccupation : les travaux prévus cet été sur le tarmac zaventemois qui devraient modifier certaines routes de survol. "Au niveau commercial, il y aura un moment critique au début du mois d’août où une seule piste (la 25 droite) sera disponible", explique M. Feist. Certaines compagnies devront adapter leurs horaires pour éviter les embouteillages sur l’unique piste disponible.

Cette opération de transparence se veut aussi une réponse aux voix, de plus en plus affirmées, réclamant un déménagement de l’aéroport. "Je pense que ce déménagement n’arrivera pas de mon vivant, annonce M. Feist. L e marché est là et on va continuer à grandir". D’après lui, la construction d’un nouvel aéroport coûterait des "milliards d’euros". "Et où le situer ? La densité de population est trop importante en Flandre. Donc il faudra le mettre en Wallonie, ce qui créera un problème communautaire."

D’après M. Feist, c’est la ville qui s’est rapprochée de l’aéroport et pas l’inverse. "Combien de gens se sont installés ces 20 dernières années à Wezembeek ou Kraainem en sachant très bien qu’ils allaient habiter près d’un aéroport ?", conclut-il.

© D.R.


Pas d’astreintes avant le moratoire

L’Etat fédéral ne devrait pas s’acquitter des astreintes que lui réclame la Région bruxelloise avant la mise à mort de la sixième phase du plan mis en œuvre par Melchior Wathelet, prévue le 2 avril. C’est une conséquence du recours introduit au nom du gouvernement par la nouvelle secrétaire d’Etat à la Mobilité Jacqueline Galant (MR). L’affaire ne devrait en effet pas être plaidée avant le mois de mai et un jugement n’est attendu qu’au mois de juin, confirme le cabinet de Céline Fremault (CDH), ministre bruxelloise de l’Environnement. Pour rappel, cette dernière avait activé ces astreintes sur base d’une ordonnance prononcée par le tribunal de première instance le 31 juillet. Objectif politique : faire pression sur le gouvernement afin qu’il trouve des solutions structurelles aux problèmes engendrés par les activités de l’aéroport de national. Les nuisances occasionnées par le virage gauche appelé à disparaître en avril donnant droit à des astreintes de 50 000 euros par jour à partir du mois de novembre. Dans une interview donnée à "La Libre" le 6 février dernier, la ministre Galant avait justifié ce gel des astreintes par le fait qu’elle ne disposait pas assez de temps pour se conformer à la décision de justice du 31 juillet.