Belgique

L’ennemi public numéro 1, Abdelhamid Abaaoud, tué mercredi matin par les policiers français à Saint-Denis, était dans sa jeunesse "un garçon souriant, un peu renfermé, plutôt un suiveur dans les faits qui lui étaient reprochés", affirme à La Libre Belgique son ancien avocat, Me Alexandre Château.

L’avocat bruxellois a été aussi celui du terroriste Nizar Trabelsi, mais il n’a connu le Molenbeekois que dans sa période délinquante à Bruxelles et dans le Brabant Wallon. "C’étaient les pieds nickelés. C’était de la petite délinquance sans grande envergure qui ne révélait en rien ce qu’il allait advenir plus tard", dit Me Château.

En décembre 2010, Abdelhamid Abaaoud avait fait partie, avec Salah Abdeslam, d’un quatuor qui s’était attaqué à un garage d’Ottignies-Louvain-la-Neuve. Le groupe était entré par le toit, où il y avait une ouverture. "Je me souviens", dit l’avocat, "qu’Abaaoud était tombé à l’intérieur du garage et qu’il avait terminé dans une rivière dans un état d’hypothermie. Le groupe avait probablement consommé quelque chose". Abaaoud sera condamné pour ce vol avec effraction à un an de prison avec sursis.

Hormis une histoire de coups à Termonde en 2012, le futur terroriste a été condamné pour des faits de violences surtout à Bruxelles – peine de travail pour recel en 2006 et 18 mois de prison en 2011 pour vols avec violences. En mai 2015, alors qu’il est en Syrie, il sera condamné tardivement à Bruxelles à 40 mois de prison pour une affaire de coups et blessures, outrage et rébellion dans le métro bruxellois en 2009.

Il a été détenu dans les prisons de Forest et de Saint-Gilles, selon Me Château. "Mes contacts avec lui se sont arrêtés dans le courant de 2013. Il devait se présenter à une audience en novembre. Il n’est jamais venu", dit-il.

Ce portrait contraste avec la réputation de leader opérationnel qu’a acquise Abaaoud Abdelhamid dans la zone irako-syrienne, où on le décrit comme un des interfaces entre l’Etat islamique et le milieu criminel qu’il connaissait. "C’est assez étonnant qu’il soit venu lui-même en Europe", s’interroge un membre de l’antiterrorisme belge. "Il n’y a pas de logique. L’Etat islamique a fait une grosse erreur, à moins qu’il y en ait un autre (qui ait pris sa place, NdlR)…"