Belgique

La Chambre des représentants a observé jeudi une minute de silence à la mémoire des victimes du génocide arménien. Deux élues qui ont des origines familiales turques étaient présentes: les députées Ozlem Ozen et Nawal Ben Hamou, toutes deux PS. "Il y a cent ans se déroulait ce que l'on a coutume d'appeler le génocide arménien", a souligné le président de la Chambre, Siegfried Bracke (N-VA), dans son allocution. "Nous avons le devoir moral de nous en souvenir".

La question demeure sensible dans la communauté turque de Belgique. Plusieurs élus d'origine turque étaient absents, dont le bourgmestre de Saint-Josse, Emir Kir (PS). Il sera convoqué par le secrétaire général du parti qui lui demandera des explications sur son absence, a indiqué le président du PS, Elio Di Rupo, à l'agence Belga.

Le président des socialistes francophones a tenu à rappeler la position "sans ambiguïté" de son parti sur la question. Le PS est à l'origine d'une résolution parlementaire en 1998 qui reconnaît le génocide arménien et demande au gouvernement turc de le reconnaître, a-t-il rappelé.

"Dans plusieurs partis il y a eu des absents (NDLR: les députés Zuhal Demir (N-VA), Meyrem Almaci (Groen), Fatma Pehlivan (SP.A) et Veli Yüksel (CD&V)), mais cela n'enlève rien à notre détermination dans la reconnaissance de ce génocide", a ajouté Elio Di Rupo.


Emir Kir confirme sa position sur le génocide

Le député d’origine turque conteste depuis longtemps la terminologie "génocide" pour qualifier les massacres organisés par l'Empire ottoman à l'encontre des Armeniens présents sur son territoire en 1915-1916. Ce génocide a fait 1.5 million de morts. Le PS, par la voix de son président Elio Di Rupo, estimait pourtant il y a quelques jours que le "genocide est un fait incontestable".

Mercredi soir, le PS n’était pas en mesure de confirmer la présence ou l’absence de son député d’origine turque Emir Kir pour l’occasion. Mais le débat quant à la reconnaissance du génocide reviendra à l’agenda de la Chambre. Le FDF a déposé un texte visant à étendre "le champ d’application de la loi de 1995 réprimant le négationnisme aux génocides arménien et rwandais, ainsi qu’à tout autre génocide internationalement et juridictionnellement reconnu".

Au Parlement bruxellois, le groupe FDF, encore, prépare un texte visant à reconnaître le génocide arménien, au niveau de la Région et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ceci une petite semaine après la polémique qui a entouré l’organisation d’une minute de silence dans l’hémicycle régional. Le PS avait été accusé de court-circuiter cette idée afin de ne pas mettre ses élus d’origine turque en difficulté.

Le FDF avait notamment souligné la présence de négationnistes au sein du Parti socialiste. Non sans heurter son partenaire de majorité à la Région de Bruxelles-Capitale.