Belgique

Des 243 habitants de Wetteren qui ont participé à une étude sur l'exposition éventuelle à l'acrylonitrile à la suite de l'accident de train de mai dernier, 83 présentent des valeurs élevées en acrylonitrile dans le sang. Il s'agit, dans la plupart des cas, de valeurs modérément à légèrement élevées, ressort-il des premiers résultats (provisoires) de l'analyse épidémiologique communiqués par l'Institut scientifique de Santé publique (ISP). Il n'y a toutefois aucune raison de s'inquiéter car les substances sont évacuées du corps après trois à quatre mois, ont précisé des spécialistes au cours d'une séance d'information adressée à la population samedi après-midi. L'étude consistait à déterminer l'éventuel degré d'exposition à l'acrylonitrile des personnes potentiellement exposées aux substances nocives que contenaient les wagons qui ont explosé dans la nuit du 3 au 4 mai. Des échantillons spécifiques de sang et d'urine ont été prélevés au sein de groupes-cibles.

Selon le professeur Benoit Nemery (KU Leuven), plusieurs études révèlent qu'il n'y a aucun risque de cancer après une seule ou brève exposition. Les femmes enceintes n'ont pas non plus à s'inquiéter, ajoute M. Nemery, des essais réalisés sur des animaux attestant qu'il n'y a aucun danger pour une vie embryonnaire.

L'ISP conclut qu'il s'agit tout de même d'un accident grave accompagné d'une exposition importante.

Les gens qui présentent des valeurs supérieures à la normale seront invités prochainement pour un test complémentaire. Ce nouvel examen permettra également d'apaiser les personnes concernés, l'ISP entendant montrer que les valeurs sont bien revenues à un niveau normal. Les tests seront gratuits et effectués, sur base volontaire, dans la seconde quinzaine de septembre.

L'analyse des échantillons du personnel de secours est encore en cours et les résultats seront rendus publics dans les prochaines semaines.

Une cinquantaine d'habitants de Wetteren ont participé à la session d'information de samedi, à laquelle ont également assisté la ministre de la Santé publique, Laurette Onkelinx, le gouverneur de Flandre orientale, Jan Briers, les experts de l'ISP, du SPF Santé publique, de l'Université de Gand et les membres du comité de coordination de la catastrophe.

La ministre Onkelinx a notamment déclaré que les résultats ne visaient pas seulement à informer les victimes, mais étaient également nécessaires pour la science et pour un éventuel changement d'approche dans la gestion de catastrophes futures.