Belgique

Le gouvernement bruxellois s'est accordé jeudi matin sur un projet de budget en léger boni de 6 millions d'euros qui sera consacré à réduire la dette de la Région-capitale, a annoncé le ministre bruxellois des Finances, à l'issue de la réunion de jeudi matin. Le retour à l'équilibre budgétaire était initialement prévu pour 2016. En 2012, les ministres bruxellois avaient décidé de ramener l'échéance à 2015. Au final, un effort supplémentaire de 138 millions d'euros lors de la confection du budget 2014 permet de raccourcir encore le délai à l'année prochaine.

De l'aveu même de Guy Vanhengel, "le petit boni" du budget régional "permet à l'entité 2 (les entités fédérées) d'arriver à l'équilibre".

Entre les lignes, cela signifie que la Fédération Wallonie-Bruxelles ne recevra pas de manière directe le coup de pouce de 6 millions d'euros de la Région bruxelloise souhaité par son ministre du Budget André Antoine, ce qui aurait mis ses ministres flamands politiquement en difficulté. Mais elle pourra inscrire ce montant en déficit, de manière indolore, à la Fédération, pour respecter globalement la norme budgétaire fixée par l'Europe.

Selon le ministre bruxellois des Finances, les recettes totales augmentent de 174 millions d'euros grâce au juste financement des institutions bruxelloises et à une amélioration du contexte économique, dans les impôts régionaux (+63,6 millions par rapport à l'estimation initiale 2013, soit +5,4%).

Hormis les hausses normales liées à l'inflation, ce sont principalement les estimations des droits de succession et les droits de donations qui augmentent en partie en raison des récentes mesures fiscales anti-abus. Idem pour la compensation de la mainmorte sur les bâtiments publics dont le mode de calcul a été amélioré.

Au-delà des moyens liés au refinancement de Bruxelles (+ 30 millions pour la dotation mobilité, 32 millions d'euros pour la correction "navetteurs", 117 millions de compensation pour les fonctionnaires internationaux), les recettes IPP stagnent.

Au passage, le ministre Vanhengel a souligné que les estimations des recettes en provenance des impôts régionaux restaient 60 millions sous le niveau de celles sur lesquelles a tablé le fédéral.

Par ailleurs, Bruxelles fournira un effort supplémentaire d'assainissement des finances de l'Etat à hauteur de 17,7 millions d'euros.

Rayon dépenses, il a été tenu compte de l'augmentation quasi automatique de plusieurs postes (indexation et des augmentations automatiques des salaires, des dotations aux communes, des commissions communautaires communes, des intérêts, pour un montant de 73,8 millions d'euros.

Le budget 2014 réserve aussi 93 millions d'euros à des dépenses nouvelles, surtout en matière de mobilité, de propreté et de logement.

Pour y arriver, sans nuire à l'objectif d'équilibre, les ministres bruxellois ont dû trouver près de 120 millions d'euros ailleurs, sans introduire de nouvelle taxe ni faire de coupe sombre dans les politiques existantes au profit des citoyens et des entreprises.

Une économie supplémentaire de 4 millions d'euros a dès lors été prévue dans les subsides facultatifs, en communication et en études.

Les ministres et secrétaires d'état ont en outre dû réaliser, chacun, une économie d'environ 2% dans leurs départements pour un montant total de 14 millions d'euros.

Le budget 2013 a une nouvelle fois été passé à la loupe. Il en est ressorti que certains crédits uniques pouvaient être supprimés et que le schéma de paiement de certains programmes d'investissement, entre autres en matière de mobilité, devaient être actualisés.

La Région a également décidé de vendre une partie de ses terrains à la Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale qui pourra les utiliser pour réaliser son programme de logement.

Enfin, Actiris qui doit déménager en 2014, vendra son bâtiment actuel, qui ne répond plus aux normes anti-incendie, et cherchera une alternative. Le gain de cette opération pour le budget 2014 est estimé à 25 millions d'euros.

L'ensemble de ces mesures cumulées rapportent 126 millions d'euros.

Le budget propreté fait un bond de 10%

L'agence Bruxelles Propreté verra son budget augmenter de 10% en 2014, ressort-il notamment de l'accord intervenu au gouvernement bruxellois sur le budget de l'année à venir.

Interrogé jeudi, le secrétaire d'Etat bruxellois de la Propreté, Rachid Madrane (PS), a indiqué que ce montant permettra de concrétiser plusieurs axes du Plan d'Action pour le Collecte et le Tri des déchets adopté lors du séminaire organisé à Liège le week-end dernier.

L'objectif de ce plan est d'améliorer la qualité de vie en poussant le curseur propreté vers le haut, notamment aux abords des gares, et dans les quartiers emblématiques pour l'image internationale de Bruxelles, sans oublier l'objectif européen d'atteindre 50% de réemploi et de recyclage des déchets ménagers et assimilés d'ici 2020.

Dans ce contexte, la PACT prévoit, entre autres, la création de nouveaux parcs à conteneurs -cinq fois plus en 5 ans-, sachant que le coût de la collecte via ces parcs est dix fois moins élevé que la collecte d'encombrants en porte à porte, l'installation d'un plus grand nombre de corbeilles sur les voiries, l'extension des collectes de déchets organiques.

L'accord prévoit aussi une extension des collectes en conteneurs.

Selon Rachid Madrane, la présence de nombreux sacs en rue, notamment au bas des immeubles à appartements, à la sortie des restaurants et commerces contribue au sentiment de malpropreté.

D'après lui, l'augmentation du budget de l'ABP qui passera de 134 millions à près de 147 millions d'euros permettra de faire passer le nombre de parcs à conteneurs régionaux de deux à quatre l'an prochain et d'y affecter du personnel, de densifier le nombre de corbeilles publiques de 150 unités supplémentaires, de développer la collecte de déchets par conteneurs près des plus importantes stations de métro de la STIB et sur les boulevards du centre.

Autre concrétisation en vue, la poursuite de l'enfouissement des bulles à verre, et l'implantation de WC publics près des gares les plus fréquentées.