Belgique

Ce fut dur, mais les ministres wallons sont parvenus à un consensus sur le dossier devenu déraillant du tram liégeois. C’était jeudi soir, pour leur dernière réunion de l’année, et faute de pouvoir progresser sur deux autres dossiers laborieux sinon impossibles qui, eux aussi, n’intéressent pas qu’un peu Liège : la réforme des licences d’exportation d’armes et la localisation d’un hypothétique centre sportif (ci-dessous)

Pour rappel, sur le tram, la décision de principe avait déjà été prise, et plus d’une fois, depuis 2008, jusqu’à la fixation globale du tracé. Le ministre en charge du Transport, Philippe Henry (Ecolo), disait ne plus attendre que la validation de certaines alternatives précises au trajet, et le plus vite possible pour une réalisation de chantier avant Liège 2017. Après quoi, soulevant fort l’émoi des forces vives principautaires, son collègue du Budget, André Antoine (CDH), est venu dire que la crise financière galopante imposait désormais d’identifier mieux ou autrement les travaux nécessaires, leur coût, leur mode de financement, le tout à l’aune d’un retour impérieux à l’équilibre budgétaire wallon pour 2015. Ainsi, depuis des semaines, s’est déroulé un échange de tirs et de chiffres nourri autant que vain. L’épilogue provisoire d’hier tourne autour de la distinction à faire entre "accord" et "engagement" dès lors que tracé, phasage des travaux, budget et manières de le financer se trouvent liés sur les mêmes rails.

Bref, il y a accord, ou si on préfère décision ferme, pour réaliser le plus vite possible ce que l’on appelle officiellement "la première phase du tronçon", à savoir la liaison urbaine entre Sclessin et Coronmeuse ainsi que, sur le chemin, le dépôt de Bressoux. Et il y a engagement pour le reste, à savoir pour allonger les deux extrémités en agglomération, de Seraing à Herstal. Par conséquent, le coût d’investissement prévu initialement à quelque 500 millions serait ramené dans une première étape à environ 320.

Par ailleurs, et ceci n’est plus officiel, les deux cabinets Antoine et Henry sont priés de plancher, courant janvier, sur la trajectoire financière du dossier et sur des alternatives possibles au mode de financement prévu par partenariat public-privé. Comprenons : des alternatives qui pourraient être moins coûteuses. Pour autant qu’elles existent Question : un cofinancement européen serait-il une piste ? En tout cas, la réflexion vaudra immédiatement pour la première phase comme pour le reste. Elle pourrait même s’appliquer par la suite aux autres projets wallons de transports dits structurants (Charleroi, Mons, Namur) qui n’auront finalement pas été évoqués cette fois.

Autant d’autres réajustements délicats en vue ? En attendant, on peut penser que le gouvernement n’a pas été sourd aux principes de précaution budgétaire brandis par M. Antoine. Pour autant, Ecolo ne se sent pas battu. Chacun a dû lâcher du lest, y entend-on; et quand le fédéral veut sous-investir dans le rail, la Région montre qu’elle s’engage sûrement dans la mobilité alternative. Mais, ce phasage nouveau ? "Prenons la balle au bond. On a l’essentiel, une première étape incontestée et incontestable, nous répond Véronique Cremasco, députée liégeoise Ecolo. Après, on verra. Si ça marche, on pourra être ambitieux pour le reste, étape par étape, avec un investissement au moins équivalent pour Herstal et pour Seraing".