Belgique

Agnes Pandy, complice de son père le pasteur Andras Pandy dans l’assassinat de six membres de leur famille, a été libérée lundi. Elle aura purgé près de 13 années de détention sur les 21 ans que lui avait infligés, en mars 2002, la cour d’assises de Bruxelles-Capitale.

Sa libération a été décidée par le tribunal d’application des peines de Bruxelles qu’elle avait déjà sollicité, sans succès, à cinq reprises. Le ministère public s’était toujours opposé à sa libération. Il invoquait l’horreur et le caractère exceptionnel des faits malgré les rapports des psychiatres. Ceux-ci estimaient qu’Agnes Pandy, 51 ans, ne représentait plus un danger et qu’elle ne pouvait récidiver car elle n’était plus sous la coupe de son père.

Andras Pandy, aujourd’hui âgé de 83 ans et condamné à la perpétuité, est toujours incarcéré à la prison de Louvain. Il a toujours nié, n’ayant de cesse de répéter que ses proches réapparaîtraient un jour.

Les corps n’ont jamais été retrouvés. Et pour cause. Ils ont été découpés avant d’être abandonnés près des abattoirs d’Anderlecht ou dissous avec un déboucheur de canalisation. L’affaire aurait pu rester impunie si, en 1997, dans la foulée de l’affaire Dutroux, le parquet de Bruxelles n’avait pas rouvert tous les dossiers de disparition. Agnes avait dénoncé en 1992 la disparition de six membres de sa famille et les abus sexuels dont elle et deux de ses sœurs avaient été victimes. Andras Pandy avait mis les déclarations de sa fille sur le compte d’une dépression et avait produit des témoignages, a priori crédibles. Il avait engagé des acteurs en Hongrie pour faire croire qu’il s’agissait de membres de sa famille. Ce qui, dans un premier temps, avait convaincu la justice.

Andras Pandy avait été arrêté le 17 novembre 1997. Trois jours plus tard, lors d’une nouvelle audition, Agnes avait craqué. Elle avait révélé les détails atroces de la série macabre.

En 1986, Edith Fintor, la seconde femme d’Andras Pandy et une de ses filles d’un premier mariage avaient été massacrées au marteau alors qu’elles se préparaient à fuir. Deux ans plus tard, la propre mère d’Agnes et ses deux frères avaient été abattus à la carabine. Leurs corps, "hachés en petits morceaux", seront jetés près des abattoirs ou dissous. En 1989, une autre fille d’Edith Fintor a subi le même sort.

Pourquoi un tel carnage ? Véritable tyran domestique, qui considérait les membres de sa famille comme "sa propriété" sur laquelle il avait tous les droits, Andras Pandy avait eu un enfant avec sa belle-fille Timea. En 1985, son bébé sous les bras, celle-ci avait fui au Canada où son beau-père et Agnes avaient tenté de la rejoindre pour l’éliminer et récupérer l’enfant.

Tout au long du procès, Agnes Pandy n’avait pas affronté le regard de son père qu’elle ne désignait que comme "P". Soignée pour un cancer du sein en prison, elle serait désormais accueillie dans un couvent brugeois.