Belgique

A quoi bon avoir de l’or quand on n’a pas d’eau ? Cela n’aidera personne. Nous ne sommes pas la Chine. Nous sommes un pays très, très petit." Dans ce pays, le Guatemala et partout sur le continent latino-américain, Mgr Alvaro Ramazzini est une "icône" incontestée du combat des plus défavorisés face aux pouvoirs économiques et politiques, souvent peu regardants sur le respect des droits de l’homme. Et lorsqu’il répond, comme ci-dessus à une interview de la Confédération syndicale internationale, pas question de langue de buis… cléricale et encore moins de bois. Il est vrai que ce peu classique prélat mis à l’honneur à de nombreuses tribunes internationales a aussi été souvent menacé de mort.

Voix de l’Eglise guatémaltèque au service des populations indigènes, Mgr Alvaro Ramazzini est l’invité d’Entraide et fraternité et de son alter ego néerlandophone Broederlijk Delen à l’occasion du carême qui démarre ce mercredi. Ses prises de position fortes contre les injustices sociales, et notamment l’exploitation des ressources minières dans son pays font de cet atypique évêque un interlocuteur de choix. Mgr Ramazzini a dirigé le séminaire interdiocésain avant de devenir l’évêque de San Marcos de 1989 à 2012. Ses charismes l’ont propulsé à la tête de la Conférence épiscopale guatémaltèque de 2006 à 2013. Depuis lors, il est comme un poisson dans l’eau à la tête de la Commission justice et solidarité. Et de celle de la Commission écologie et paix, une association nationale légalement constituée qui abat un travail remarquable d’analyse et de plaidoyer contre l’exploitation des ressources naturelles du pays au profit des multinationales. Alvaro Ramazzini se bat aussi pour la protection des droits des populations mayas.

"Dieu a destiné la terre à tous les êtres humains de sorte que tous les biens de la création devraient être utilisés d’une manière juste", expliqua l’évêque en 2014 à Louvain-la-Neuve. "C’est le principe fondamental de l’origine de la destination universelle des biens de la terre. Mais que se passe-t-il dans un pays comme le mien où 2 % de la population a 84 % des terres les plus fertiles et productives ? Un pays aussi qui se dit chrétien à 98 % ?" Christian Laporte

Renseignements : www.entraide.be