Belgique

Le ministre de la Fonction publique de la Fédération Wallonie-Bruxelles André Flahaut s'est voulu rassurant lundi quant aux risques liés à la présence d'amiante dans les quelque 3.500 bâtiments que possède la Fédération. "La situation est sous surveillance et sous contrôle, et quand il y un un problème, il y a une procédure qui est prévue", a-t-il indiqué en commission du Parlement en réponse à une question du député Philippe Knaepen (MR).

Ce dernier s'inquiétait de l'annonce, le mois dernier, d'un "problème urgent" d'amiante dans 69 écoles de Flandre sur un échantillon de 300 établissements.

Devant les députés, M. Flahaut a rappelé lundi qu'un inventaire des bâtiments contaminés par l'amiante en Fédération existait depuis plusieurs années, qu'il était actualisé régulièrement, et que les travaux de désamiantage avaient été priorisés en fonction du danger posé.

Selon le ministre, ce sont les pavillons provisoires et préfabriqués construits dans les années '70 qui représentent aujourd'hui le plus gros risque en Fédération.

Or, ceux-ci offrent une superficie totale de 300.000 mètres carrés difficilement substituable à brève échéance. Néanmoins, plusieurs de ces bâtiments ont été fermés lorsqu'ils posaient de gros risques pour la santé, a assuré M. Flahaut.

Dans sa réplique, le député Knaepen s'est toutefois dit préoccupé que des enfants soient par exemple toujours autorisés à jouer au ballon dans des halls sportifs dont les plafonds sont parfois composés de fibres d'amiante.

"Que se passerait-il si un ballon venait à briser une de ces plaques? ", s'est inquiété le réformateur.

"C'est un peu comme une voiture qui dérape sur la route...", a répondu le ministre Flahaut. "Le risque zéro n'existe pas! ".

Bien qu'interdit depuis une vingtaine d'années en Belgique, l'amiante est encore présent dans de nombreux bâtiments anciens.

Lorsque l'amiante se détériore, il libère des poussières dont l'inhalation est dangereuse pour la santé. Celles-ci peuvent provoquer des cancers (plèvre, péritoine ou du poumon) ou une malade respiratoire grave appelée l'asbestose.

Véritable bombe à retardement, l'amiante a déjà engendré des milliers de victimes en Belgique, mais selon l'Abeva, l'association belge des victimes de l'amiante, leur nombre devrait atteindre son "pic" dans les années 2030 à 2035.