Belgique

An et Eefje ont été enterrées vivantes. Aucune analyse n'a contredit les déclarations de Michelle Martin selon lesquelles elles auraient été assassinées au début du mois de septembre 1995, soit quelques semaines après leur enlèvement. Mais il n'y a pas de preuves, a indiqué mercredi le juge Langlois sur base des nombreuses expertises qu'il a commandées.

Les deux cadavres ont été exhumés le 3 septembre 1996 sur indication de Marc Dutroux dans un hangar de Bernard Weinstein à Jumet. Le corps d'An a été retrouvé avec un bâillon sur les orifices du visage, la tête enfermée dans un sac de plastique rendu hermétique par une bande adhésive. Ses poignets étaient liés par le même adhésif. Elle était vivante au moment de leur application. Le juge a précisé que les experts ont conclu que le décès par suffocation est le plus logique. Pour Eefje, ces mêmes experts n'ont pas éliminé l'asphyxie. Leurs deux corps présentaient un important état de maigreur.

M. Langlois a expliqué qu'il ne pouvait se baser que sur les seules déclarations de Marc Dutroux et de Michelle Martin car «il y a dans ce procès un grand absent, Bernard Weinstein ». Les déclarations de Marc Dutroux ont évolué: il a principalement désigné Michel Lelièvre et Bernard Weinstein.

Mais, a précisé le juge Langlois, Michelle Martin a expliqué que Marc Dutroux lui a fait des confidences. Il lui a dit, peu après la rentrée scolaire 1995, qu'il les avait tuées avec Bernard Weinstein car elles gênaient: il n'était pas possible de vivre avec elles au grand jour. Endormies par des médicaments, elles ont été conduites de Marcinelle à Jumet près d'un trou où elles ont été enterrées vivantes. Elles auraient cru qu'elles allaient être libérées car on leur aurait dit qu'une rançon avait été payée. Près du trou, une des deux filles aurait dit «mais on va mourir », a expliqué Michelle Martin sur base des confidences de Dutroux.

Michel Lelièvre, en Slovaquie du 28 août au 5 septembre, a dit au juge que Marc Dutroux lui a confié à son retour que les filles étaient parties et que c'était «comme s'il était complice de meurtre ». Il y a donc une concordance de date entre Lelièvre et Martin, a précisé le juge.

Les indices découverts sous terre près des corps ne contredisent pas la date présumée de la mise sous terre citée par Martin. Les analyses toxicologiques excluent que les deux filles soient mortes en raison de l'absorption massive de Rohypnol mais n'écartent pas l'hypothèse qu'elles en aient ingéré. Les analyses portant sur les causes, les circonstances et la date des décès ne contredisent pas les déclarations de Michelle Martin, a dit le juge après avoir longuement passé en revue ces expertises.

Le juge Langlois a terminé son témoignage sur le volet An et Eefje mercredi à midi. Me Quirynen, avocat de la famille Marchal, a demandé que des photos, relatives à la découverte des corps, soient projetées à huis clos. Le président se prononcera sur cette demande à la reprise de l'audience mercredi à 14h00.