Appelmans: `La FGTB voulait ma tête´

An.H. Publié le - Mis à jour le

Belgique

J e ne suis pas en colère, je n'ai pas de sentiment de haine ou de vengeance, je suis seulement terrorisée par ce qui est arrivé.´ D'une voix entrecoupée de sanglots, Anne-Marie Appelmans, secrétaire générale de la FGTB bruxelloise, licenciée mardi soir pour faute grave, réfute les graves accusations portées contre elle par la direction nationale du syndicat socialiste.

`Ce qui m'a le plus touché dans le communiqué, c'est quand ils parlent de la gestion désastreuse du personnel.´ Si tel avait été le cas, comment, finalement, les comptes laisseraient-ils apparaître une situation financière en boni?, interroge l'ex-dirigeante bruxelloise. `Quand je suis arrivée à la FGTB, en 1989, il y avait une dette de 72 millions de BEF et un patrimoine inexistant. Aujourd'hui, la dette est remboursée et nous avons acquis un patrimoine immobilier pour une valeur d'achat de 77 millions de BEF´, se défend la passionaria de la FGTB bruxelloise. `Et on affirme pourtant que j'ai mis en péril l'équilibre financier de la FGTB.´

`Un désastre´

Ce qu'`on´ -entendez: la FGTB nationale, Mia De Vits en particulier...- cherchait, ce n'était pas seulement à me mettre à l'écart, mais de casser mon image et de porter atteinte à mon intégrité, affirme encore Mme Appelmans.

D'ailleurs, les indices de ce `complot´ ont légion, continue la syndicaliste limogée. Le fameux audit, sur lequel la FGTB s'est basée pour conclure à `une utilisation incontrôlable des fonds syndicaux´ , a démarré le 8 juillet dernier -jour du licenciement d'Albert Faust, ex-patron du Setca bruxellois, proche d'Appelmans- et s'est clôturée le 14 octobre, après trois mois d'enquête. Et dans `Le Soir´ du 10 juillet, `un jour et demi après le début de cet audit!´ , Mia De Vits, présidente de la FGTB, déclarait déjà que le rapport rentré sur les comptes de la FGTB bruxelloise était `peu réjouissant´ , relève, en larmes, l'ex-leader syndicale bruxelloise.

Anne-Marie Appelmans reconnaît pourtant que sa comptabilité était `chaotique´ et `désastreuse´ . Elle a d'ailleurs signalé le dérapage au bureau de la FGTB. `Mais on n'a jamais voulu croire à l'ampleur du désastre que je dénonçais car on voulait ma tête.´

L'intéressée s'est aussi exprimée à propos `des curieux transferts financiers´ au profit d'une coopérative de construction `Move & Fix´. Cette entreprise d'économie sociale a été mise sur pied par Anne-Marie Appelmans, Albert Faust et Rudy Nerinckx, tous trois issus de la `Fondation Travail et Santé´. `Ce n'est pas devenu une société commerciale, mais `Move & Fix´ a connu un trop gros développement pour le maîtriser en fonction des objectifs de départ.´ Cette coopérative s'est d'ailleurs chargée de la rénovation des bâtiments acquis pour la FGTB bruxelloise. Il n'y a pas eu d'appel d'offre, mais ce n'est pas de l'ordre du scandale, dit encore Anne-Marie Appelmans. `On me dit qu'il y a surfacturation. Tout ce que je demande, c'est qu'on vérifie si le coût des travaux est trop élevé, que le tribunal du commerce fasse une expertise.´ Mais il n'y a jamais eu d'argent noir, sale ou détourné, affirme la syndicaliste bruxelloise: `Tous les versements ont été faits et les factures sont là.´

© La Libre Belgique 2002

An.H.