Belgique

La situation était des plus tendues à proximité du Palais d'Egmont de Bruxelles, ce jeudi midi, où se déroulait une manifestation à l'occasion de l'European Business Summit. Près de 500 activistes étaient sur place, la présence policière y était très importante. Des interpellations ont eu lieu et des échauffourées ont éclaté.

Environ 500 activistes de l'Alliance D19-20, qui rassemble des agriculteurs, citoyens, travailleurs, chômeurs ou encore artistes qui luttent contre le partenariat transatlantique, dont le but est de faciliter les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et l'Europe, se trouvaient aux alentours du Palais d'Egmont, afin d'empêcher la tenue du sommet. Leur but : "dénoncer les conséquences potentiellement délétères du traité transatlantique".

Les parlementaires Ecolo bruxellois Anne Herscovici, Alain Maron et Ahmed Mouhssin ont été interpellés par la police lors de cette manifestation puis ont été libérés. D'après le parti écologiste, "les manifestants se déplaçaient (pourtant) tout à fait pacifiquement vers les lieux de la réunion".

Sur les quelque 500 activistes qui étaient sur place, près de 250 auraient été interpellés. Trois bus des forces de l'ordre ont été remplis pour évacuer les lieux, a constaté Belga sur place.

"Il est regrettable que des élus aient été en contravention" , a estimé le porte-parole de la police, Christian de Coninck, justifiant l'intervention policière par le fait que les manifestants aient tenté, alors qu'ils n'en avaient pas l'autorisation, de rallier les abords d'une réunion où devait notamment s'exprimer le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht devant un parterre d'hommes d'affaires.

Par communiqué, Ecolo rappelle que "le droit de manifester est fondamental dans une démocratie. Quand les hypothèques sur l’avenir de notre modèle démocratique et social sont aussi importantes, la société doit se défendre. C’est ce que ces manifestants ont fait. Libérez-les". Les Verts précisent encore que "la limitation [du droit de manifester] par la police de Bruxelles est inadmissible. Le bourgmestre de Bruxelles doit agir pour mettre fin à ces dérapages policiers".

Yvan Mayeur a réagi par après sur Facebook. "La police de Bruxelles-Capitale-Ixelles a procédé à l’arrestation des personnes qui ne respectaient pas les conditions de la manifestation autorisée. Leur identification ainsi que leur relaxe est en cours. J’ai d'ores et déjà demandé qu’une évaluation soit menée sur la prise en charge des événements ainsi que sur le bon respect des accords conclus préalablement avec les organisateurs."


L'indignation de Javaux et Deleuze


Le co-président d'Ecolo, Olivier Deleuze, présent dans les locaux de la rédaction de lalibre.be pour un chat, a réagi à ces arrestations. "Nous pensons qu'il est absolument incroyable que l'on arrête des députés qui manifestent pour que l'Europe conserve ses normes sociales et environnementales" nous confie-t-il. "Nous n'avons aucune envie de devoir manger du poulet nettoyé à l'ammoniac ou du cochon grossi avec des médicaments et nous pensons que les normes sociales de l'Europe font sa particularité et il faut les défendre. Nous trouvons normal et légitime que des parlementaires défendent cette option. Je suis indigné par leur arrestation, il n'y a aucune raison valable d'arrêter des parlementaires pour cela."

L'ancien co-président d'Ecolo Jean-Michel Javaux a quant à lui réagi via son compte Facebook. "Allô Yvan Mayeur?C'est totalement n'importe quoi et irrespectueux du droit de s'exprimer, pacifiquement en plus, ces abus de pouvoir" écrit-il. "Puis on s'étonnera que nos jeunes ne s'intéressent plus aux grandes causes, ne s'indignent et ne s'expriment plus...il n'y avait aucun casseur, juste des travailleurs, des citoyens, des défenseurs des droits de l'homme, des aînés, des syndicats nationaux et associations qui marchaient pacifiquement. Plus de 250 arrestations pour une manif autorisée. Je suis ébahi! "



Sur Twitter, les membres d'Ecolo ont fait part de leur colère :

La coprésidente d'Ecolo a par ailleurs annoncé qu'elle ne partirait pas sans les députés Ecolo récemment arrêtés.