Belgique

Officiellement, les syndicats d’ArcelorMittal ne sont toujours pas au courant de la fermeture définitive de la phase à chaud. En effet, pour des raisons de sécurité, le conseil d’entreprise extraordinaire qui devait se tenir hier matin a été reporté à plus tard.

Vu la présence de centaines de travailleurs sur le site liégeois (Flémalle) initialement choisi, la direction a prudemment proposé de délocaliser le conseil d’entreprise à Bruxelles. Proposition immédiatement rejetée par les délégués. Bref, au bout du compte, rien ne s’est passé hier sur le plan social.

Toutefois, la direction du groupe ArcelorMittal a annoncé qu’elle "mettra tout en œuvre pour organiser un conseil d’entreprise dans les plus brefs délais. Etant donné les contraintes légales, nous ne pouvons communiquer sans avoir tout d’abord informé le conseil d’entreprise. Ceci nous empêche d’informer correctement et en priorité nos interlocuteurs les plus importants, nos travailleurs", explique-t-elle dans un communiqué.

Par contre, tandis que se déroulait ce jeu de cache-cache, les réactions à la fermeture définitive de la phase à chaud ont plu d’un peu partout. Par exemple, du côté du personnel des sous-traitants d’ArcelorMittal, l’inquiétude est évidemment grande. "Cette fermeture effective de la phase à chaud sera la cause de centaines de pertes d’emploi pour les travailleurs d’ArcelorMittal, mais aussi pour des centaines, si pas des milliers de travailleurs de la sous-traitance", commente la délégation FGTB de Fabricom industrie sud (GDF Suez).

"Les gens sont très inquiets, enchaîne Yannick Docquier (CSC Transcom). Cela aura bien sûr un impact négatif, mais il est difficile de chiffrer actuellement l’ampleur d’une telle décision sur les activités et les volumes d’emploi des sous-traitants", ajoute-t-il.

Selon lui toutefois, des dizaines d’entreprises seraient concernées par la fermeture. Rien que pour l’industrie technologique, l’impact social parmi les 60 sous-traitants locaux se traduirait par une perte de quelque 250 postes de travail, selon des chiffres relevés il y a quelques années dans une étude d’Agoria, la fédération de l’industrie technologique.

On retiendra enfin la réaction de Kris Peeters (CD&V), le ministre-président de la Région flamande, qui a établi le parallèle entre la fermeture d’Opel-Anvers et la décision d’ArcelorMittal. "C’est la fermeture d’une usine performante qui livre des produits de bonne qualité."