Belgique

Le député CD&V Hendrik Bogaert relance lundi le débat sur la double nationalité à la suite du référendum qui a vu le 'oui' aux pouvoirs renforcés du président Recep Tayyip Erdogan l'emporter dimanche.

De nombreux électeurs en Belgique disposent de la double nationalité belgo-turque, relève-t-il. Dans un tweet, il a exprimé son souhait d'en finir avec cette situation. "Plus de la moitié des Turcs ont voté en faveur d'un système autoritaire. Stop à la double nationalité maintenant. Choisissez svp. Intenable", a tweeté l'élu. En Belgique, le 'oui' l'a emporté à plus de 75%. Dans le monde, seuls le Liban et la Jordanie ont enregistré un score plus élevé en faveur du renforcement des pouvoirs présidentiels.


Pour Hendrik Bogaert, il est temps de relancer le débat sur la double nationalité. Celui-ci avait déjà été rouvert il y a quelques semaines par la N-VA, les députés Peter De Roover et Sarah Smeyers constatant toutefois que la suppression pure et simple de la double nationalité n'était pas tenable juridiquement.

Le secrétaire d'Etat à l'Asile et la migration Theo Francken (N-VA) a lui aussi réagi aux résultats du référendum turc. "En Belgique, ils (les belgo-turcs, ndlr) votent pour des partis de gauche, en Turquie pour la droite conservatrice. Tiens, tiens, comment sera est-il arrivé?". Le secrétaire d'Etat N-VA pointe également le rôle des mosquées turques de la Diyanet. "Je me sens renforcé dans la décision de ne pas accepter sur notre territoire des imams importés dans des mosquées non-reconnues."


Le secrétaire d'Etat N-VA pointe également le rôle des mosquées turques de la Diyanet. "Je me sens renforcé dans la décision de ne pas accepter sur notre territoire des imams importés dans des mosquées non-reconnues." "Les Turcs de Belgique votent à 77,8% pour l'islamisme et l'autoritarisme, elle est bien réussie l'intégration!", a de son côté tweeté le député MR Alain Destexhe.


De Wever: "Travailler au delà des partis à la fin de la double nationalité

Le président de la N-VA Bart De Wever souhaite ouvrir la discussion "au-delà des partis pour mettre fin à la double nationalité", a-t-il indiqué lundi à Belga, rejoignant ainsi la prise de position du député CD&V Hendrik Bogaert. Selon Bart De Wever, il existe certaines difficultés juridiques, "mais elles ne sont pas insurmontables", a-t-il indiqué.

A la suite du député CD&V, la députée flamande Open Vld Ann Brusseel a appelé à son tour à ouvrir le débat. "Je me réjouis de voir que le CD&V et l'Open Vld souhaitent engager ce débat", a ajouté Bart De Wever à propos des ses partenaires dans les majorités fédérale et flamande.


Wouter Beke: la suppression de la double nationalité "pas évidente dans la pratique"

Le président du CD&V Wouter Beke trouve "logique" que tout le monde ne dispose que d'une seule nationalité mais la suppression de la double nationalité, comme l'a réclamée lundi son collègue de parti Hendrik Bogaert, "n'est pas évidente dans la pratique". Le président du parti y voit de nombreux obstacles pratiques. Le député CD&V Hendrik Bogaert a appelé lundi à dire "stop à la double nationalité" après que 75% des Turcs de Belgique ont voté dimanche en faveur du renforcement des pouvoirs présidentiels en Turquie. Le président de la N-VA Bart De Wever rejoint cette position et souhaite ouvrir la discussion "au-delà des partis pour mettre fin à la double nationalité".

Le choix d'une nouvelle nationalité est "un choix positif", réagit Wouter Beke. "Celui qui fait ce choix accepte également un certain nombre de conséquences. C'est un signe d'intégration et d'attachement à son pays, où l'on veut construire sa vie et participer à la société."

Mais le président du CD&V voit de nombreuses difficultés pratiques à la suppression de la double nationalité. "Certains pays comme le Mexique, l'Argentine, le Maroc ou la Syrie ne permettent pas à leurs citoyens de renoncer à leur nationalité. Nous ne devons pas non plus oublier les nombreux Belges qui séjournent à l'étranger et qui ont également une double nationalité. Nous ne savons pas quelles seraient les conséquences pour eux."