Belgique

Le parquet fédéral a ouvert une enquête terroriste sur la base d’informations importantes de la Sûreté de l’État.

Dans le cadre de cette enquête, Amir S., né le 26 avril 1980, et son épouse Nasimeh N., née le 20 septembre 1984, tous deux de nationalité belge mais d’origine iranienne, ont été placés ce lundi sous mandat d’arrêt par un juge d’instruction d’Anvers. Ils ont été inculpés de tentative d’assassinat terroriste et de préparation d'une infraction terroriste.


Tous deux sont suspectés d’avoir voulu commettre un attentat à la bombe le samedi 30 juin à Villepinte, en France, lors d’une conférence qui y était organisée par les Moudjahidines du Peuple Iranien (MEK). Cette manifestation draine habituellement des milliers de sympathisants et des hôtes de marque, parmi lesquels, cette année, on pouvait entendre l’ancienne sénatrice colombienne Ingrid Bétancourt, l’ancienne secrétaire d’état française Rama Yade, l’ancien ministre français Bernard Kouchner, l’ancien directeur du FBI Louis Freeh, l’ex-président de la Chambre des représentants Newt Gringrich ou encore l’ancien maire de New York, le Républicain Rudy Giuliani.

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Cette organisation est un parti d’opposition iranien qui a été fondé en 1965 et qui a été interdit par le gouvernement iranien en 1981. Quelque 25.000 personnes étaient présentes à cette conférence.

500 grammes d'explosifs détruits

Le couple interpellé a été intercepté à bord de son véhicule Mercedes par les unités spéciales de la police de Woluwe-Saint-Pierre. Lors de la fouille de ce véhicule, environ 500 grammes de TATP et un mécanisme de mise à feu ont été découverts dans une petite trousse de toilette. Le SEDEE ("Service d'enlèvement et de destruction d'engins explosifs") a fait sauter cet explosif.

La police judiciaire fédérale d’Anvers a exécuté samedi cinq perquisitions à la demande du juge d’instruction, respectivement à Wilrijk, Boom, Uccle, Mons et Leuze-en-Hainaut.

Le parquet fédéral précise que rien ne peut actuellement être communiqué quant aux résultats de ces perquisitions.

Dans le même temps, un complice présumé, Merhad A., né le 31 juillet 1963, a été privé de liberté en France. Deux autres personnes en France ont été remises en liberté après audition.

Un contact du couple, Assadollah A., né le 22 décembre 1971, de nationalité iranienne, a également été interpellé en Allemagne. Il s’agit d’un diplomate iranien auprès de l’ambassade autrichienne à Vienne.

Cette opération n’a pu être menée que grâce aux informations que la Sûreté de l’État a collectées dans ce dossier. Le parquet précise qu'"un attentat terroriste a pu être déjoué grâce à la coopération entre le parquet fédéral, la Sûreté de l’État, la police judiciaire fédérale d’Anvers, le SEDEE et les autorités judiciaires françaises (DGSI) et allemandes".

Le parquet fédéral tient à souligner qu’à ce stade de l’enquête, il n’y a eu à aucun moment une menace directe contre la Belgique.

Charles Michel salue la bonne coopération entre pays

Le Premier ministre Charles Michel a salué lundi la bonne coopération entre pays à la suite de l'arrestation d'un couple soupçonné d'avoir préparé un attentat en France. "Merci à nos services de renseignement et de sécurité pour leur magnifique travail à Stockel", a écrit M. Michel sur Twitter, après l'interception samedi à Woluwe-Saint-Pierre de ce couple résidant à Wilrijk.


"Une fois de plus la bonne collaboration entre pays partenaires européens porte ses fruits", a ajouté le chef du gouvernement belge.