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L'après-scrutin

Stefaan De Clerck démissionne de la présidence du CD&V

V.d.W.

Mis en ligne le 22/05/2003

La croissance de la Belgique plafonnera à 1pc en 2003. A politique inchangée, le déficit devrait être de 0,6pc alors que le gouvernement avait prévu l'équilibre.

Dernière minute: Stefaan De Clerck a annoncé vendredi midi qu'il démissionnera de sa fonction de président du CD&V à la fin du mois de juin. C'est à ce moment que les membres du parti éliront un nouveau président. L'annonce de M. De Clerck a été faite à l'issue d'une réunion du Comité directeur des démocrates-chrétiens flamands.

La douche est froide et dure à subir, même si elle était attendue. Hier, le gouverneur de la Banque nationale, Guy Quaden, est venu présenter à Elio Di Rupo, l'informateur qui doit préparer les possibilités de constitution d'une future majorité, un aperçu très précis de la situation budgétaire du pays. Elle s'est subitement (?) aggravée.

Les informations fournies par le gouverneur de la Banque nationale confirment ce que l'on pressentait. Ainsi, les perspectives de croissance pour l'année 2003 demeurent maussades et incertaines: selon Guy Quaden, la croissance sera au maximum de 1pc et le déficit attendu pour cette année, à politique inchangée, sera de 0,6pc du Produit intérieur brut (PIB).

La déconvenue est sévère. Lors de l'élaboration du budget 2003, en septembre/octobre derniers, le gouvernement Verhofstadt avait tablé sur une croissance de 2,4pc. La plupart des observateurs avaient considéré que ce chiffre était bien trop optimiste. Mais il avait permis à Verhofstadt de présenter une perspective financière favorable et de prévoir un budget 2003 en équilibre et ce, pour la quatrième année consécutive.

Dégradation soudaine?

Au printemps 2003, lors du premier contrôle budgétaire de l'année, le gouvernement avait rectifié le tir et annoncé une croissance de 1,6pc. Grâce à diverses mesures (réduction des charges d'intérêt et quelques ventes d'actifs) le gouvernement était cependant parvenu à maintenir potentiellement le budget en équilibre. C'était le 21 février dernier.

Est-il possible qu'en quelques mois seulement, la situation se soit à ce point dégradée? Il est difficile de croire que personne au sein de la majorité n'ait réellement été informé de la détérioration des chiffres de croissance, compte tenu de l'environnement international (la guerre en Irak) et européen (la chute de croissance de nos principaux partenaires commerciaux que sont les Pays-Bas, l'Allemagne et la France). Une chose est certaine: il ne fallait pas s'attendre à ce que le précédent gouvernement prenne des mesures drastiques à la veille des élections.

Ce sera certainement nécessaire dans les prochaines semaines. Elio Di Rupo a d'ailleurs admis que les négociations gouvernementales devront être sans doute doublées d'un contrôle budgétaire, de manière à ramener les comptes de la Belgique sur des bases saines et maintenir l'équilibre budgétaire attendu. Il est évident, comme l'a souligné le gouverneur de la Banque nationale, qu'en dehors de la Finlande, tous les pays de la zone euro enregistreront un déficit cette année, parfois frisant ou dépassant les 3pc du Produit intérieur brut. Mais il aurait pu ajouter que tous les pays de la zone euro n'ont pas une dette de plus de 100pc du PIB et que l'Etat belge va devoir, en plus, reprendre la dette de la SNCB (entre 5 et 6 milliards d'euros).

Ces mauvaises nouvelles économiques et budgétaires apportent en fait de l'eau au moulin des socialistes, très opposés à la volonté des libéraux d'engranger une nouvelle réforme fiscale alors que la précédente n'est encore qu'à ses débuts et qu'elle devra être financée au cours de la prochaine législature. Or le ministre des Finances sortant, le libéral Didier Reynders, avait déjà présenté, début novembre 2002, une esquisse de nouvelle réforme dans laquelle il prévoyait notamment d'augmenter les minima imposables et de réduire les taux de taxation à 45pc, 35pc et 25pc... Totalement exclu pour les socialistes, qui veulent une autre réforme fiscale. C'est ainsi que, dans le prochain accord gouvernemental, pourrait surgir l'idée d'une cotisation sociale généralisée (CSG) à laquelle les libéraux ne seraient d'ailleurs pas opposés.

Il y aura sans doute une autre priorité: la poursuite de la diminution des charges sociales qui pèsent sur les entreprises. Les socialistes y sont prêts, à condition qu'on assortisse cette mesure d'un monitoring et que ces réductions entraînent bien des créations d'emplois.

«Le show» de Di Rupo

Ces éléments seront contenus dans le rapport qu'Elio Di Rupo présentera au Roi dans six jours, soit mercredi matin, après avoir rédigé un premier rapport intermédiaire dimanche soir. Jeudi, il a poursuivi ses consultations en recevant les représentants du monde économique.

Les libéraux, eux, s'amusent un peu de voir Elio Di Rupo copier en tout point la mission effectuée par Louis Michel il y a quatre ans. Ils attendent que cette semaine se passe et sont impatients de voir le Roi confier la mission de formation du gouvernement à Guy Verhofstadt. Ils ne sont pas loin de considérer que cette mission d'information permettra surtout à Elio Di Rupo de «faire son show» - ce qui, espèrent-ils, le rendra plus conciliant lors de la vraie négociation du programme et de la composition du gouvernement.

Mais rien n'est moins sûr...

© La Libre Belgique 2003

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