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L'après-scrutin

Elio Di Rupo peaufine ses exigences

V.R.

Mis en ligne le 23/05/2003

L'informateur estime que la feuille de route du prochain gouvernement devra être plus détaillée qu'en 1999. Il remettra un premier rapport dimanche au Roi.

Elio Di Rupo continue sa mission d'information. Au pas de charge. Hier, une quinzaine de délégations ont défilé dans son bureau aménagé au premier étage de la Chambre. Il leur a consacré 20 à 30 minutes. Sans s'accorder de pause. L'informateur s'est juste permis une sortie sur le temps de midi pour aller s'entretenir avec le président de la Commission européenne Romano Prodi. Elio Di Rupo a discuté avec ce dernier de la situation économique dans la zone euro. Il voulait sans doute le tester, voir jusqu'où la Commission pourrait laisser la Belgique desserrer quelque peu l'étau de la rigueur budgétaire.

Pour le reste, il n'a pas quitté l'enceinte du Parlement. Le matin, Elio Di Rupo a achevé le tour des institutions économiques et sociales du pays. Il a vu successivement le président du Conseil central de l'économie (Robert Tollet), le président du Conseil national du travail (Paul Windey), le président du Conseil supérieur de l'emploi (Jan Smets), le secrétaire général du ministère de l'Emploi (Michel Jadot), l'administrateur général de l'Office national des pensions (Gabriel Perl) et le commissaire au plan (Henri Bogaert).

Un cadre budgétaire

Il est globalement sorti de ces entretiens avec la confirmation que la situation économique s'était dégradée en Belgique. Il a très lourdement insisté là-dessus tout au long de la journée, tenant le même discours devant la presse ou face à ses interlocuteurs. Et ce n'est sûrement pas par hasard. En soulignant la mauvaise santé économique du pays, Elio Di Rupo adresse aux libéraux un double message. D'une part, il leur fait bien comprendre que leur réforme fiscale, ils devront la monnayer durement. De l'autre, il exprime le refus des socialistes de renter dans un gouvernement qui n'aurait pas de cadre budgétaire préalablement fixé. Elio Di Rupo n'a pas oublié que sous la précédente législature, laquelle s'était emmanchée sans feuille de route très détaillée, le programme de diminution des impôts avait tôt mangé les marges de manoeuvre du gouvernement et laissé des demandes de nature sociale sur le carreau.

Les questions sociales, précisément, les soins de santé en particulier, étaient d'ailleurs à l'agenda de l'informateur dans l'après-midi. Elio Di Rupo a vu les mutuelles, les médecins, les infirmières, les kinésithérapeutes, les gestionnaires d'hôpitaux. Il a écouté les doléances, enregistré les revendications, palpé le malaise. Mais il n'a fait aucune promesse financière. Il a répété que la situation budgétaire était difficile, qu'il ne fallait pas s'attendre à des miracles.

Un rapport, dimanche

Ensuite, en soirée, il a rencontré des représentants du monde judiciaire. Elio Di Rupo a ainsi voulu montré que la justice sera, au même titre que l'assurance maladie, une des priorités du prochain gouvernement. Une manière de faire la courte échelle à Laurette Onkelinx qui rêve de succéder à Marc Verwilghen dans le prochain gouvernement.

Elio Di Rupo ne soufflera pas ce week-end. Samedi, il ouvre les horizons. Il rencontrera des chercheurs, des experts de l'environnement, les responsables des entreprises publiques, les Ligues des familles, les organisations de consommateurs. Il passera ensuite la nuit à compiler les comptes rendus des réunions et remettra un rapport intermédiaire au Roi dimanche après-midi.

© La Libre Belgique 2003

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