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«Le procès Dutroux, c'est de la world-news»

An.H.

Mis en ligne le 02/03/2004

Compliqué, le dossier. Les médias étrangers se ruent sur tous les quidams qui s'approchent du palais. Pas facile de mettre un nom sur une toge...

O la! Que tal?» La journaliste espagnole s'agite au bout de son portable, bat des pieds pour tenter de se réchauffer. Quand on n'a pas d'accréditation pour entrer dans le palais de justice, on s'occupe comme on peut. A l'arrière, tout le petit monde - au sens propre du terme - de la presse étrangère s'organise. «Dutroux, c'est connu partout, c'est de la world-news», résume le cameraman de Al Arabiya. «C'est Dubai qui a commandé le sujet».

TF 1-LCI a 5 équipes sur place: une à l'intérieur, une pour les coulisses et 3 pour un éventuel renfort. La télévision néerlandaise NOS a mobilisé 11 personnes et 3 caméras jusqu'à jeudi, peut-être plus tard, en fonction de l'intérêt. «C'est un procès très suivi aux Pays-Bas», assure le cameraman. «C'est un procès extraordinaire, si terrible pour la Belgique. On compatit».

Un gars tout seul fait la file pour entrer au palais avec son micro et son enregistreur au logo de «Sud Radio», une radio régionale basée à Toulouse. Il restera une semaine au moins à Arlon. Pour s'informer du dossier, il a beaucoup lu la presse belge et les livres écrits sur Dutroux et consorts. «Mais j'ai l'impression d'avoir une vue superficielle de l'affaire», reconnaît-il. «Je retiens deux choses: l'horreur des faits et le débat sur la question réseau-pas réseau».

Pour les médias étrangers, pas facile de repérer les protagonistes, de mettre un nom sur une toge, d'identifier le quidam qui s'approche du palais. On assiste du coup à des ruées de micros et de caméras sur des candidats jurés qui se demandent encore ce qui leur est arrivé...

France Culture prépare un documentaire sur les à-côtés du procès Dutroux pour le mois de mai. «On veut prendre du recul par rapport à l'événement, analyser cette justice-spectacle et les vertus cathartiques du procès», explique Michel Pomarede. «Pour l'instant, il ne se passe pas grand-chose: il y a 300 perches autour d'un avocat qui dit qu'il a vu son client qui ne lui a rien dit». Du coup, les journalistes s'interviewent entre eux. «Ce qui m'intéresse, c'est comment les ondes de choc vont se propager. Parle-t-on de la même chose dans les cafés d'Arlon et à Bruxelles?» France Culture repliera bagage jeudi mais reviendra fin mars pour un nouveau coup de sonde.

© La Libre Belgique 2004

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