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procès dutroux

La défense de Dutroux a répondu à l'accusation

BELGA

Mis en ligne le 02/03/2004

Xavier Magnée a tout d'abord parlé des difficultés que représentait la défense de Marc Dutroux. «Nous avons bien conscience d'assumer une lourde tâche voire même de relever un défi puisque cet homme est le plus détesté de Belgique», a-t-il souligné

Me Magnée, le conseil de Marc Dutroux, a été le premier à répondre aux accusations portées contre son client par le procureur du Roi, Michel Bourlet. Il a déclaré que son client n'était pas un prédateur isolé et a pointé du doigt les thèses qui n'ont pas été, selon lui, suffisamment approfondies.

Evoquant les victimes, il a souligné qu'il n'y avait aucune consolation à espérer pour elles mais que pour elles, au moins, il se mettrait «au service de la vérité».

Xavier Magnée a tout d'abord parlé des difficultés que représentait la défense de Marc Dutroux. «Nous avons bien conscience d'assumer une lourde tâche voire même de relever un défi puisque cet homme est le plus détesté de Belgique», a-t-il souligné, remarquant que la présomption d'innocence n'est dans ce cas qu'un «fétu de paille de pure fiction». Pour tout le monde, Marc Dutroux est le «monstre» et «l'assassin».

Pour la défense de Marc Dutroux, d'autres personnes devraient se trouver dans le box des accuses. «Peut-on imaginer un seul instant que ce procès se déroule et s'achève pendant que les inconnus qui ont fréquenté la cache suivent calmement les débats à la télévision ou dans le public»?, a-t-il demandé, rappelant que des cheveux n'appartenant ni aux victimes ni aux accusés, ainsi que des «traces biologiques humaines» non identifiées ont été découverts dans la cache de Marcinelle.

Me Magnée a évoqué la piste de la secte sataniste Abrasax. Il a rappelé qu'un document évoquant la grande prêtresse et signé «Anubis» avait été découvert chez Bernard Weinstein à Jumet. «Si ce document est un faux et s'il a été volontairement abandonné, c'est qu'on a voulu égarer les enquêteurs. Qui, si ce n'est pas le réseau? Et qui a mis le feu au chalet en faisait disparaître toutes traces du passage d'An et Eefje?», a-t-il demandé.

Il a également regretté que les fouilles de Jumet aient été arrêtées trop tôt et que les enquêteurs n'aient pas perquisitionné à la suite des déclarations de Regina Louf. «Le jury va-t-il se passer de son audition», a-t-il demandé, rappelant qu'un psychiatre a qualifié «X1» de «femme exceptionnellement équilibrée dont le témoignage peut bel et bien avoir son importance».

Le conseil de Marc Dutroux s'est interrogé sur le décès de Michel Piro «qui avait annoncé des révélations sur les gamines et la pédophilie en général», ainsi que sur d'autres décès qu'il juge suspects.

Concernant la disparition de Julie et de Mélissa, Me Magnée a notamment fait allusion à Michel F., moniteur dans un camp de vacances auquel ont participé les deux fillettes, et à un ami de Michel Nihoul qui avait proposé l'intervention d'un radiesthésiste aux parents de Mélissa Russo .

Il a aussi évoqué la gendarmerie, dont il a qualifié l'action de «désastreuse », et ses dysfonctionnements relevés par la commission d'enquête parlementaire. Il a notamment réclamé l'audition du président de cette commission, Marc Verwilghen, et du député Decroly.

Me Magnée a terminé en parlant du milieu polycriminel de Charleroi, actif dans les voitures et les camions volés, le trafic de prostituées, la drogue, et les armes.

«Peut-on vous faire croire qu'il n'y aurait pas de réseau pédophile ? Serions-nous le seul pays du monde où les pédophiles seraient des pervers isolés ?», a-t-il conclu.

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