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Qui s'est «assis» sur les audits?

Philippe Mac Kay

Mis en ligne le 30/09/2005

La SWL et le commissaire du gouvernement n'ont pas tiré la sonnette d'alarme. Nouvelle série de perquisitions.

Bien sûr, il y avait les échevins de Charleroi. Et le conseil d'administration, le comité de gestion et le comité de gérance. Mais au-delà? Les autorités de tutelle ont-elles, dans l'affaire de «La Carolorégienne», soigneusement accompli leur mission de contrôle? Bref, ne s'est-on pas «assis» sur les audits?

Le président André Liesse était absent lorsque le comité a évoqué le premier audit de 2001. Malgré l'existence d'un vice-président, Francis Poty, c'est l'administrateur-délégué, Claude Despiegeleer, qui a «pris le pouvoir» pendant cette réunion, signalant «quelques réajustements techniques» et ajoutant qu'ils seraient effectués fin 2002. Des propos lénifiants, mais qui n'ont pas particulièrement alarmé le commissaire du gouvernement, Jean-Claude Henrotin, (président du PS carolo). Présent à 80pc des réunions ultérieures en comité des gestion ou de gérance, il aurait sans doute pu s'inquiéter des suites à donner et alerter le gouvernement wallon, comme on imagine que son rôle aurait pu l'y pousser.

Le contrôleur contrôlé

Poste d'observation tout aussi évident, celui de la Société wallonne du Logement (SWL), qui a la tutelle sur les sociétés. Il est vrai qu'y siégeait... Claude Despiegeleer, ainsi placé dans la confortable position du contrôleur contrôlé, comme administrateur-gérant de «La Carolorégienne». On dit aujourd'hui que c'est chez lui que sont arrivés les rapports et les suivis d'audit ultérieurs, dont aucun n'a été porté à la connaissance d'aucun des administrateurs. Il y a quelques jours, alors encore président, André Liesse avançait que jamais il n'avait reçu ces courriers. Les documents en question sont enfin parvenus, très récemment, à tous les responsables.

Le même Claude Despiegeleer a été, hier, l'objet de plusieurs perquisitions, à domicile puis au siège d'un de ses ex-échevinats, récemment transféré vers les anciens bureaux des ACEC (à proximité de l'endroit où vont s'installer ceux du Service judiciaire d'arrondissement...). Les locaux techniques de «La Carolorégienne» ont aussi été visités. Une nouvelle audition de l'ancien échevin a duré plusieurs heures, au palais, ce qui met encore davantage en lumière le rôle de premier plan attribué depuis le début de cette affaire à l'échevin le plus proche de Jean-Claude Van Cauwenberghe. A ce point proche, on le rappelle, qu'il avait été un des membres fondateurs, en 2002, d'une ASBL dénommée «Solidarité, Culture, Wallonie». Elle avait notamment pour objectif de soutenir «les initiatives politiques, culturelles, artistiques, humaines, sportives et sociales de Jean-Claude Van Cauwenberghe». Une forme de soutien qui, aujourd'hui, dépasse les espérances de tous les membres fondateurs, du fils de Van Cau à son avocat associé, en passant par le président du CPAS de Charleroi.

Enfin, un autre aspect des possibles incompatibilités entre les diverses casquettes du ministre-Président agite quelque peu le barreau de Charleroi, ces jours-ci. Est-il normal, y dit-on, que sous sa casquette de président de l'Union socialiste communale, l'avocat Van Cau veuille mettre de l'ordre dans «La Carolo», client du bureau Lemal-Van Cau? De même, est-il concevable que le Crédit professionnel du Hainaut qui a pour vice-président Jean-Claude Van Cauwenberghe ait fait appel aux bons soins du cabinet Lemal-Van Cau? Simples questions.

© La Libre Belgique 2005

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