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L'avis de la presse flamande de ce samedi

Belga

Mis en ligne le 01/10/2005

De Standaard met en avant la différence de traitement entre Jean-Claude Van Cauwenberghe et Marie Arena. Le président du PS avait tout fait pour protéger la seconde lorsqu'elle fut mise en cause, rappelle-t-il. «Comme les choses se sont passées différemment cette fois-ci avec le ministre-président Jean-Claude Van Cauwenberghe. Ses liens avec les malversations de certaines créatures du PS dans la région de Charleroi, dont il est le patron, sont apparus plus importants que ce qu'on pensait jusqu'à présent. Le président de son parti dit qu'il va étudier l'affaire et ne prend pas position pour le moment. Van Cau savait dans quelle situation il se trouvait: il était tout seul. Ou bien, il fournissait des explications acceptables et se maintenait dans la course. Ou il se noyait. Et dans ce cas, Di Rupo n'allait pas lui lancer la bouée de sauvetage », dit le quotidien.

Het Laatste Nieuws revient sur l'affaire Agusta. «Là aussi, il s'agissait au début d'une petite chose qui s'est étendue jusqu'à toucher 'Dieu' Spitaels, le président du parti, qui a fini par y succomber. L'histoire se répète à Charleroi. L'affaire est un coup dur pour Elio Di Rupo parce qu'elle salit l'image de son parti et détruit une grande partie de son travail. Mais, paradoxalement, elle lui offre la chance d'achever son oeuvre et d'en finir avec le vieux style du PS ».

«Depuis que Di Rupo est président, il n'a pas ménagé ses efforts pour faire oublier le vieux PS, la politique des amis, le clientélisme dans ses formes les plus dommageables, les scandales. La rentrée politique était un succès grâce au plan Marshall mais les problèmes à Charleroi ont gâché la fête. Et il est à craindre qu'il ne s'agisse que de la pointe de l'iceberg. A un an des élections communales, Di Rupo doit faire face à une avalanche de scandales d'importance variable. Il doit faire face aussi à des indices de plus en plus nombreux qui font craindre que l'extrême-droite ne réussisse une percée en Wallonie, surtout dans les grandes villes comme Charleroi », souligne De Morgen.

Selon De Tijd, la relation entre Van Cauwenberghe et Di Rupo n'était pas au beau fixe. Le premier était ainsi à l'étranger quand il a appris que le second réclamait un plan Marshall pour la Wallonie, rappelle le quotidien. «Le discours de Van Cauwenberghe sur le redressement wallon volait en éclats. Un adversaire politique n'aurait pas fait mieux. Van Cauwenberghe avait en plus commencé la législature affaibli. Longtemps, l'on avait douté que Di Rupo lui confie à nouveau la direction du gouvernement wallon. Van Cauwenberghe incarnait trop le vieux PS dont Di Rupo veut se débarasser. L'affaire de La Carolorégienne a confronté une fois de plus le parti socialiste à lui-même et Van Cauwenberghe a joué les boucs-émissaire. Di Rupo devait donner un signal fort pour sauver l'image de son parti ».

D'après Het Belang Van Limburg, il était clair que la position de Van Cau n'était plus tenable. «Tout qui sait comment fonctionne le PS, savait que Van Cauwenberghe était depuis des décennies le patron incontesté à Charleroi et qu'il devait être impliqué jusqu'au cou. Dans un parti où la culture dominante fait qu'une femme de ménage ne peut être engagée sans que le chef n'ait donné son accord, il est impensable que celui-ci ne sache pas non plus que des mandataires locaux menaient grand train ».

Le quotidien voit toutefois un changement de mentalité au sein du PS. «Lorsque la semaine passée, les trois échevins de Charleroi ont été contraints à démissionner, cela s'est fait sous la pression du président Elio Di Rupo. Et c'est un fait nouveau. Même le tout-puissant Guy Spitaels, quand il présidait le PS, n'aurait pas osé s'impliquer dans les 'affaires internes' des fédérations du parti ».

Het Nieuwsblad estime que Di Rupo et toute la classe politique wallonne ont intérêt à nettoyer le navire pour éviter que l'extrême-droite ne retire les fruits de cette histoire.

«Jusqu'aux élections de 2004, ils pouvaient se vanter d'une Wallonie où l'extrême-droite ne parvenait pas à s'imposer contrairement à la Flandre où le Vlaams Belang est le plus grand parti, de leur système qui fonctionnait. Mais les choses changent tout doucement. Ils ont toujours la chance que le Front national est dirigé par des gens qui passent l'essentiel de leur temps à se disputer. Mais, si l'an prochain à Charleroi (où ils sont assurés de recueillir 15 à 20 pc des voix) un leader émerge, la Wallonie pourrait aussi se teinter de noir. »

Gazet Van Antwerpen se demande enfin pourquoi Elio Di Rupo a laissé si vite tomber son ministre-président: est-il au courant d'autres faits ou est-il à ce point soucieux de l'image de son parti?

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