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«Accepter que l'on puisse comparer»

PAUL PIRET

Mis en ligne le 21/10/2005

Le leitmotiv du professeur Hindriks: se demander quel est le résultat obtenu en fonction des moyens mis en oeuvre.

ENTRETIEN

Co-auteur de l'étude, Jean Hindriks est professeur au Département d'économie de l'UCL et co-directeur du Center for Operations Research and Econometrics (Core).

Vous vous défendez de décerner des bulletins aux bourgmestres. Cela y ressemble, tout de même...

Non, c'est un palmarès des communes. Un bourgmestre ne doit pas s'attribuer un bon classement, pas plus qu'on ne pourra imputer à un autre une mauvaise place. L'utilisation des deniers publics est un travail commun en collège, mais aussi avec l'opposition, l'administration et même les citoyens, en propreté par exemple.

N'empêche, à un an des élections, l'utilisation du palmarès communal pourrait s'avérer «sensible»!

Pourquoi ne pas dire que c'est le bon moment? Les élus ont un mandat, ceci peut contribuer à en renforcer le contrôle. Il faut accepter que, dans le secteur public aussi, on puisse évaluer les performances, les comparer, mettre en concurrence.

Notamment au regard des montants investis.

Oui, et ces montants peuvent énormément varier d'une commune à l'autre, alors que les performances ne découlent pas directement des montants à disposition: ainsi, Mons a proportionnellement plus de moyens que Charleroi, mais leurs performances sont proches. On parle beaucoup aujourd'hui de déontologie, pour contrecarrer les mauvaises pratiques et dysfonctionnements; il est aussi des réformes de type plus économique à apporter. D'où l'importance d'identifier les forces et faiblesses de chaque commune dans chacun de ses grands domaines de compétences. Nos données me paraissent fiables, j'ai éliminé tout ce qui pouvait prêter au doute.

Mais il manque des données.

Nous n'avons rien en infrastructures sportives et culturelles. L'absence de chiffres dans ces domaines est incroyable. Par ailleurs, la Communauté française n'a pas voulu nous transmettre des informations relatives aux taux d'échec ou d'absentéisme. Je le regrette: pour l'enseignement aussi, on doit se demander quel est le résultat obtenu en fonction des moyens mis en oeuvre.

Tous les paramètres sont-ils objectivables?

Il est vrai que ce genre d'outils devra toujours être complété par d'autres démarches de type qualitatif. Par exemple, nous n'avons pas retenu les taux de criminalité. Car comment interpréter un taux élevé? Par le fait que l'insécurité est grande, ou que la volonté des pouvoirs locaux de la traquer est élevée?

© La Libre Belgique 2005

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