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nathalie et stacy

Dans les écoles de Stacy et de Nathalie, deux grands sourires envolés

Mis en ligne le 29/06/2006

A l'école de Stacy, on est «sous le choc». Direction et instituteurs ont soutenu la famille durant deux semaines.

Elle a la voix douce, mais marquée par une profonde tristesse. Catherine Maes, la directrice de l'Athénée royal de Visé, école que fréquentait Stacy Lemmens, n'a qu'une parole à la bouche, quelques instants à peine après la découverte du petit corps sans vie. «On est sous le choc», dit-elle la gorge nouée. «On accuse sérieusement le coup».

De Stacy, elle ne conserve qu'un souvenir heureux : «son immense sourire, qu'elle ne quittait jamais. La photo sur l'affiche de disparition illustre tout à fait la petite fille que l'on côtoyait chaque jour. Une enfant serviable, toujours prête à donner un coup de main, adorée par ses copains et copines».

Accompagnement psychologique

C'est vers 11h50 que la directrice apprend le tragique dénouement,

«via nos connaissances, du bouche à oreille mais rien d'officiel». À quelques minutes de la sonnerie de midi d'un mercredi de fin juin qui, en d'autres circonstances, aurait joyeusement rappelé que les grandes vacances sont à deux pas. «Avec les institutrices, on s'est interrogé: le dit-on aux élèves, à la va-vite, avant que ne sonne la cloche? On a pris la décision de leur laisser apprendre la nouvelle en compagnie de leurs parents, avec qui ils pourraient mieux discuter de la situation» explique-t-elle. Dès que les petites têtes blondes ont quitté l'école, direction et enseignants ont organisé la journée de ce jeudi, faisant appel à une équipe renforcée de psychologues, prêts à répondre aux flots de questions des enfants. «Nous serons présents, pour entourer tout le monde» assure Catherine Maes.

«UN ÉVÉNEMENT COMME CELUI-CI, ÇA ÉBRANLE TOUTE L'ÉCOLE.»

Hier après-midi, le grand frère de Stacy, Sullivan, âgé de 9 ans et inscrit en 2 éme primaire au même internat, était en excursion de classe à Walibi. «Nous espérons de tout coeur qu'il ne l'apprendra pas pendant l'excursion» notait la directrice, précisant que «nous l'attendons pour l'accueillir à son retour, à 19 h».

Depuis deux semaines au sein de cet internat, «qui est comme une grande famille» note la directrice, toutes les institutrices mettaient les bouchées doubles pour encadrer les enfants. «Depuis le lundi qui a suivi la disparition, la classe de Stacy bénéficiait d'un accompagnement psychologique et nous avons créé un «cercle de paroles» pour que les enfants puissent s'exprimer.» Au final, beaucoup d'émotions, de dessins, de questions.

Sullivan, quant à lui, désirait participer activement, à sa façon, à la recherche de sa petite soeur. «Son enseignante l'a prise sous son aile, l'a aidé à coller des affiches», détaille Catherine Maes. «Sullivan était tour à tour agressif et fragile, avec le moral à plat et le besoin énorme que l'on s'occupe de lui».

Mais les enfants n'ont pas été les seuls à souffrir de ce drame. «Les enseignants doivent se montrer forts face aux petits, ne pas craquer devant eux. Or, en tant qu'adultes, nous avions du mal à maîtriser nos émotions» se souvient la directrice, qui ajoute que «l'institutrice de Stacy a été particulièrement touchée...»

Au final, c'est toute l'école qui est ébranlée. «L'enseignante de Stacy a parlé plusieurs fois à Thierry Lemmens, pour l'assurer de notre soutien». Un papa qui avait d'ailleurs proposé à la directrice d'organiser, ce vendredi, une activité pour permettre aux enfants d'exprimer leur peine, intitulée «Lutin chagrin». «Je n'ai pas encore eu de contact avec le père de Stacy, nous allons voir ce que nous pouvons faire ensemble».

La directrice est sûre d'une chose: «nous serons présents à l'enterrement, malgré la fin de l'année scolaire». Mais elle ajoute que les autres classes ne sont pas oubliées, et notamment les élèves de 6 éme année qui doivent recevoir leur diplôme cette fin de semaine.

Les enfants, émus, avaient confectionné pour Stacy une boîte de petits mots et cadeaux. «Nous l'offrirons à ses parents...»

Pas de réaction

À l'école du Jardin botanique à Liège, que fréquentait Nathalie Mahy, âgée de 10 ans et retrouvée sans vie quelques heures après Stacy, direction et enseignants ont reçu la consigne de se taire. Un silence qui devra se délier ce matin, face aux enfants et aux parents en émoi. Sur l'affiche de disparition, la petite Nathalie affichait, elle aussi, un sourire jusqu'aux oreilles.

© La Libre Belgique 2006

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