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Il faudra des auditeurs sachant auditer
P. P.
Mis en ligne le 25/10/2006
Identifier, sur ces 2 dernières années, les situations pouvant conduire "à altérer la protection de l'intérêt et du patrimoine communal, la fiabilité et l'intégrité des informations financières, le respect des lois et règlements"; 2° déterminer "les causes des dérives actuellement dénoncées" 3° formuler des recommandations "permettant de remédier durablement et structurellement aux problèmes". Et si le comité constate des irrégularités, elles devront être transmises au parquet. Telles sont les - vastes - missions officiellement confiées au comité d'audit externe, dont le gouvernement wallon a décidé mardi la création.
Le comité sera présidé par Gérard Delvaux, un expert-comptable reconnu (ci-dessous). Il sera "délégué spécial" - un libellé à ne pas confondre, pour rappel, avec un commissaire spécial qui, lui, se substitue aux autorités communales et n'est pas (ou pas encore) à l'ordre du jour : l'audit n'est pas une mission de tutelle.
Le délégué spécial sera l'interlocuteur des ministres, pourra orienter la mission, transmettra son rapport au gouvernement. Le comité comprendra un universitaire spécialiste des marchés publics (Philippe Flamme); un inspecteur des finances (Serge Bawin); des fonctionnaires wallons spécialisés dans les finances locales (Michel Charlier), les marchés publics (Paul Beckers), la tutelle (Françoise Lanoy); et un bureau de réviseurs.
Avant 2005 ?
Le ministre Courard en avait suggéré deux, histoire de mieux certifier leur indépendance. On a donc jugé préférable de n'avoir qu'un interlocuteur privé unique, mais à charge pour lui soit de travailler en association, soit d'engager ponctuellement des juristes spécialisés en marchés publics. Un marché de services va être ouvert pour sa désignation, adressé à 7 consultants.
Le comité doit être opérationnel dès le 2 novembre. Il devra mettre le paquet, puisque ses conclusions sont attendues le 27 du même mois, soit 8 jours avant la première convocation du nouveau conseil communal. Certes, son investigation est limitée à 2005 et 2006, avec priorité sur 2006, mais c'est déjà assez : une ville comme Charleroi "produit" quelque 35 000 actes administratifs par an !
Pour les années antérieures, on verra, sur base des premiers résultats. On n'exclut pas d'étendre l'investigation à avant 2005, en collaboration avec les nouvelles autorités locales. Quant au coût de l'opération, c'est la Région qui l'assume, pas la Ville.
© La Libre Belgique 2006
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