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Un endroit où se poser après avoir zoné dans la rue

REPORTAGE ANNICK HOVINE

Mis en ligne le 20/11/2006

Les Mena ont souvent un long parcours d'errance. Les COO leur proposent une première halte.

Avis aux policiers. Veuillez retirer les menottes, SVP." L'invitation, affichée à l'entrée du centre d'observation et d'orientation de Neder-over-Hembeek, est polie mais ferme. Trente-sept mineurs non accompagnés (dont trois quarts de garçons) séjournent aujourd'hui dans ce centre installé dans une aile de l'hôpital militaire. Ils viennent principalement du Maghreb (Algérie, Maroc...) et d'Afrique subsaharienne (Congo, Rwanda, Guinée, Angola, Cameroun...), mais aussi d'Europe de l'Est (Serbie, Roumanie, Moldavie, Russie...). La plupart sont âgés de 16-17 ans.

Le COO enregistre 60 nouvelles entrées chaque mois. "Tous les jours, le groupe se recompose. On travaille dans l'humain et dans l'urgence. Ce n'est pas évident", sourit la directrice, Isabelle Plumat. "Le personnel fait un boulot formidable".

Tous passent par l'"intake", l'enregistrement, dans une pièce basique, meublée de deux fauteuils verts avachis et de quelques chaises. La porte est fermée, pour marquer la séparation physique avec les policiers qui ont amené le jeune, souvent menotté.

C'est là qu'une assistante sociale explique au Mena où il se trouve, comment son séjour va se dérouler, les règles à respecter... Le COO est un centre ouvert, mais, pour en sortir, il faut demander l'autorisation et respecter l'heure prévue de retour. Les présences sont prises à tous les repas. Des rondes sont effectuées la nuit, aux alentours, sur la pelouse par laquelle il faut obligatoirement passer pour accéder au centre.

Un accompagnement individualisé est mis en place pour les plus vulnérables (les petits de moins de 13 ans, les filles mères ou enceintes, les victimes de traite ou de trafic, les délinquants, les enfants qui ont des problèmes d'assuétudes) qui représentent environ 10 pc des entrées.

Souvent, le jeune a zoné dans la rue, en Belgique ou ailleurs en Europe si c'est un primo-arrivant. "Il arrive fatigué; il a d'abord besoin de se poser et de se reposer".

Si le Mena a un GSM dans ses bagages, l'appareil est placé dans un coffre pour 15 jours. Visites interdites pendant cette même période, pour des questions de sécurité. "Cela permet de le couper éventuellement des deals, du travail en noir, des réseaux de traite ou de trafic", explique une assistante sociale.

Une minorité de Mena qui séjournent au COO de Neder-over-Hembeek sont totalement isolés et ne connaissent absolument personne sur le territoire belge. Contrairement aux idées reçues, ce sont principalement des jeunes débarqués d'Europe centrale et de l'Est. Les primo-arrivants ont souvent un cousin, un ami, une tante, plus ou moins proche, installé en Belgique.

La moitié

"Les jeunes arrivent souvent avec le récit qu'on leur a dit de dire. Notre travail, c'est de leur expliquer que trop de contre-vérités, ça bloque à l'Office des étrangers, de leur dire ce qui est raisonnable ou pas, s'ils ont des chances ou pas d'obtenir l'asile...", explique encore la directrice du centre.

Un grand ado rejoint la salle de cours - obligatoires, tous les matins de 10 à 12 heures - où on aborde aujourd'hui la notion de "liberté", où on apprend quelques rudiments sur la Belgique, pays d'accueil. Comment s'appelle le Premier ministre ? Un gamin s'esclaffe en estropiant le nom de "Virovchta", si difficile à prononcer.

© La Libre Belgique 2006

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