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Meneer van België, témoin

christian laporte

Mis en ligne le 10/01/2007

Le prince Laurent a finalement pu témoigner. Très ému, il a fait preuve d'une grande sérénité. Les débats sont plus vifs sur le rôle des "factureurs" de la Marine. La présidente entend aller jusqu'au bout.

Il était là à 9h30 mardi... mais n'a témoigné qu'à 14h. Comme les représentants de la Marine cités comme témoins, le prince Laurent a patiemment attendu qu'on l'appelle à la barre, obéissant sans contrariété à la juge Coopmans lorsqu'il fallait sortir de la salle d'audience.

Visiblement ému pour ne pas dire tétanisé au point de rester muet lorsqu'on le saluait, le Prince a dû se demander si son heure de vérité viendrait. Car tout au long de la matinée, un doute a plané sur le procès lui-même. Il est vrai que l'audition de dernière minute du fils cadet du Roi, à la demande du ministère public, avait semé le trouble. Précision : Laurent n'a pas été entendu en un lieu secret mais dans les locaux de la police fédérale de Hasselt. Le texte qu'il y a remis aux enquêteurs servirait aussi de fil rouge à son interpellation par la juge Coopmans. Le procureur Steyls a expliqué qu'il avait demandé cette mesure parce qu'il contestait la convocation-express de vendredi dernier qui ne permit pas le respect des délais normaux mais qui reposait en outre sur un arrêté royal incomplet, muet sur la manière dont le témoin devait être entendu, sur ce qu'il appela "le cérémonial" (ci-contre). La présidente du tribunal maintint, elle, au contraire sa position, félicitant les témoins qui, cités par les inculpés, avaient tous fait l'effort d'être présents. Mais il fallait auparavant permettre aux conseils des prévenus de jeter un regard sur les déclarations du prince Laurent. Après une nouvelle suspension d'audience, trois d'entre eux plaidèrent pour une mise en continuation, question de pouvoir les lire à l'aune des 10 000 pages du dossier et de prévoir d'éventuelles confrontations. Puis, il fallut s'accorder sur le fait d'appeler les témoins. Se greffa là-dessus le doute réexprimé par le procureur Steyls sur l'arrêté royal de vendredi dernier... Quelques chroniqueurs judiciaires blanchis sous le harnais le voyaient déjà aller en appel mais Christine Coopmans, plus que jamais convaincue que c'est le moment de mettre un terme aux tergiversations juridico-médiatiques, maintint le cap qu'elle s'était fixé lundi. Elle voulait entendre les témoins, elle les entendrait... A tout seigneur, tout honneur, d'abord "Son Altesse royale, le prince Laurent"... qui accepta d'emblée de s'exprimer en néerlandais. La juge expliqua au Prince que c'était une situation exceptionnelle pour elle. Et Laurent de rétorquer mezzovoce : "Pour moi aussi...".

Pleine d'attentions, elle expliqua que c'était à la demande de Noël Vaessen qu'il se retrouvait au prétoire. Voulait-il un cérémonial en vertu de ce que l'on sait ? Le Prince répondit par la négative avant de décliner son identité : "Van Belgïe, Laurent, 166, Jezus-Eiklaan te Tervuren, voorzitter van het KINT"... Puis, il jura en "moedertaal" de dire "la vérité, toute la vérité", Monsieur de Belgique...

Citoyen-prince plutôt que l'inverse, il devint alors "Monsieur", refusant encore de se faire interpeller par son patronyme royal alors que la juge était prête à faire une exception dans sa pratique habituelle. "Il faut que ce soit facile pour vous", confia le Prince à la présidente... Puis l'on entra dans le vif du sujet. Un "copier-coller" de ses déclarations à la police fédérale mais qui devrait faire taire les rumeurs...

Pour que les choses soient claires, le prince n'a plus vu son ancien conseiller lorsque ce dernier a quitté le Palais en mauvais termes. Ce dernier lui fut-il de bon conseil dans les travaux de réaménagement de sa villa ? "Il a vu les problèmes lui-même; il y avait une relation de confiance entre nous". Qui a payé les travaux ? C'est la Marine, "mais je n'avais pas l'oeil sur sa comptabilité et ne peux donc le confirmer. Mais M. Vaessen m'apparaissait compétent et il a fait ce qu'il devait faire"... Quant à l'aide en nature aux dispensaires pour animaux, c'était du sponsoring, à en croire Noël Vaessen, alors administrateur à la Fondation princière pour le bien animal. Dans le rapport d'audition, le Prince confirmait encore qu'il n'y avait jamais eu aucune aide pour l'Institut environnemental.

L'avocat de Noël Vaessen demanda au Prince si celui-ci l'avait encore rencontré après 1999. La réponse fut encore négative. La messe était dite et avec les remerciements de la présidente, le Prince affrontait à nouveau une forêt de caméras et de téléobjectifs, se frayant un chemin avec Me Erdman...

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