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tour de flandre

Presse flamande et vie privée

Jan DE TROYER

Mis en ligne le 16/03/2007

Les médias flamands ont montré ces dernières années une curiosité grandissante pour la vie privée des hommes politiques. Ce n'est pas le cas dans le sud du pays.

Rédacteur en chef et directeur de TV-Brussel

Chroniqueur à la RTBF

A part leurs interprétations différentes des réalités belges, les médias du Nord et du Sud du pays se distinguent d'une autre façon : leurs valeurs sont aussi différentes. Les médias flamands ont montré ces dernières années une curiosité grandissante pour la vie privée des hommes politiques. En 2006 c'était la vie amoureuse de Rik Daems et Sophie Pécriaux qui faisait la une des journaux. Dag Allemaal, l'hebdomadaire qui - grâce au succès de ces histoires basées sur des ingérences déplacées dans la vie privée - peut se vanter de la plus grande diffusion en Flandre, nous racontait les problèmes matrimoniaux de Rik Daems avec des photos de son épouse et de sa nouvelle partenaire sur sa couverture. Le reste de la presse flamande suivit l'exemple. Même la grossesse de Sophie Pécriaux était révélée au grand public à un moment où le nouveau couple aurait toujours pu perdre accidentellement le bébé ! A la VRT on débattait très sérieusement pour savoir si cette relation devait avoir des conséquences politiques. La carrière de Rik Daems a certainement été entamée par cette affaire. Dans les médias flamands la chasse aux détails piquants de la vie privée des responsables politiques est depuis quelques années ouverte.

Les médias francophones ne manifestent pas la même passion, pour les journalistes francophones cette histoire de Rik Daems était simplement une belle histoire d'amour qui ne devait pas dominer pendant plusieurs jours les bulletins d'info. Vous n'en avez pas fait un problème politique.

En Communauté française on s'inspire de l'attitude de François Mitterrand qui - sur une question concernant sa fille Mazarine - répondait "Et alors ?". En Flandre par contre, le travail politique concret de nos leaders est de plus en plus supplanté par des histoires croustillantes sur la vie privée. Les photos de Steve Stevaert en larmes après le décès de sa mère ou la relation de Patrick Dewael avec une journaliste de la VRT semblent avoir pris une importance nationale. Des ragots sur l'ancien président du CD & V Stefaan De Clerck étaient publiés sans scrupule. Il y a quelques années le journal De Standaard se laissait même séduire à lier Elio Di Rupo à une histoire de pédophilie, il s'avérait que c'était du commérage complètement mensonger... La presse flamande est de plus en plus infectée par le même appétit de sensation qui marque les tabloïds anglo-saxons.

Certes, il y a des responsables politiques qui font consciemment étalage de leur vie privée pour gagner la sympathie du grand public. Il y a des cas d'exhibitionnisme politique. Mais dans la plupart des cas les personnes visées ne sont pas d'accord avec ces ingérences et ne veulent pas être pourchassées par les photographes dès qu'ils quittent leur maison. La presse francophone se montre plus respectueuse dans ces cas et elle n'est pas hantée pas ce désir vicieux d'aller fouiller dans l'intimité. On ne peut que se réjouir de cette attitude.

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