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tour de flandre
"Etre flamand est un atout en Wallonie"
Marc bechet
Mis en ligne le 16/03/2007
entretien
Itte Van Meer a tout juste 56 ans. Flamande d'origine, c'est à Anvers qu'elle a passé toute son enfance. Elle y a d'ailleurs fait ses études de graduée en marketing avant d'être engagée quelques mois à l'agence maritime belge au port d'Anvers.
Mais c'est en 1975 qu'un tournant intervient dans sa carrière, lorsqu'elle suit son mari - Wallon - chez lui, à Liège. Très vite, la bilingue trouve un travail dans son domaine. Elle restera 12 ans dans une société de construction, avant de s'occuper du Salon Habitat puis d'être engagée à l'ASBL Enjeu et de s'occuper durant 9 ans du Salon Initiative, plate-forme wallonne où se croisent ceux qui créent et développent les entreprises qui s'y déplacent.
Elle est aujourd'hui responsable du Salon Papillon, destiné aux 50 ans et plus.
Ainsi, sans être une spécialiste à proprement parler des échanges économiques entre le Nord et le Sud du pays, elle peut se targuer d'avoir vécu les échanges de part et d'autre de la frontière linguistique de très près. Une expérience belge sur laquelle elle nous éclaire.
Pensez-vous objectivement qu'il y a un comportement économique flamand et un comportement économique wallon ?
Personnellement, j'aime travailler avec les entreprises flamandes, car elles prennent très à coeur la réussite de leurs activités. Dès lors, elles préparent tout dans les moindres détails.
Les Wallons sont quant à eux plus tranquilles, plus détendus, mais ils sont aussi plus vite prêts à intervenir si quelque chose ne se déroule pas comme prévu, et à changer ce qui était programmé. En définitive donc, c'est surtout la méthode de travail qui diffère.
Et le fameux cliché du wallon plus paresseux, est-ce une réalité ?
Avant de travailler à Liège, j'ai travaillé à l'agence maritime belge à Anvers, c'est une très grosse entreprise mais sincèrement, je n'ai pas remarqué plus de paresse depuis que je travaille à Liège.
Par contre, je reconnais que le cliché est véhiculé, même en Wallonie. Par exemple, j'ai remarqué qu'être flamand était un atout pour trouver du travail au sud du pays. Moi, ça m'a clairement servi. Certes, le fait d'être bilingue était un plus, mais l'impression qu'un Flamand travaille plus sérieusement est aussi dans les mentalités.
La plus forte présence d'entreprises flamandes en Wallonie que l'inverse : est-ce une réalité, et si oui, comment l'expliquez-vous ?
C'est apparemment une réalité et je pense que la réponse est claire : c'est à cause de la barrière de la langue. Comme le néerlandophone est souvent bilingue, il lui sera plus facile de s'implanter en Wallonie. C'est logique.
Quel est le principal désavantage que représente l'implantation d'une société flamande en terres wallonnes ?
Ici, je parle de mon propre vécu. Un des problèmes qui peut être rencontré est qu'il faut s'intégrer à la vie économique, à Liège en tout cas, et ce n'est pas si simple. J'entends par s'intégrer, être en bons termes avec les autres. À Liège, l'humour a une grande importance. Surtout que le flamand n'a pas le même humour. Le Liégeois fait passer beaucoup de choses par la sympathie. Mais le wallon est aussi très ouvert, donc ce n'est pas primordial.
La proximité de Liège avec la frontière flamande est-elle un atout pour l'accueil des investisseurs flamands ?
Je ne pense pas. Je prends un exemple, j'ai dernièrement participé à une réunion durant laquelle on présentait des salons de Maastricht, d'Aachen et de Hasselt. On offrait aux entreprises liégeoises des entrées pour y participer. Trois seulement ont joué le jeu. La frontière n'est pas, à mon sens, le critère le plus important.
Par contre, ce qui facilite les échanges, c'est le bilinguisme. En Flandre, depuis qu'on est tout petit, on est habitué au français. Par exemple, les informations télévisées francophones ne sont pas doublées, elles sont juste sous-titrées en néerlandais.
Vous qui travaillez maintenant depuis plusieurs dizaines d'années à Liège, quel argument donneriez-vous aux entreprises flamandes pour qu'elles s'installent à Liège ?
C'est évidemment l'aspect financier qui intéresse les investisseurs. Et à cet égard, Liège possède de nombreux atouts. La ville est déjà au centre de l'Europe, elle possède de nombreux points de liaison avec l'étranger, c'est un pôle logistique incomparable.
Et puis je dirigerais les entreprises vers les outils qui facilitent l'implantation, comme l'Ofi de l'Agence wallonne à l'exportation et bien d'autres.
Pouvez-vous donner un exemple de parfaite réussite flamande en Wallonie ?
C'est difficile à dire comme ça, peut-être l'ISPC, mais il y en a sûrement d'autres. Pour moi, l'important est de dire qu'être flamand et travailler en Wallonie ne présente aucun problème, et ce, qu'il s'agisse du travail en lui-même ou, à plus long terme, du contact avec les Wallons. Au contraire, c'est plutôt bien perçu.
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