La Libre.be > Actu > Belgique > Article
Baromètre politique
Bonhappart vers Sainte-Hélène
Paul Piret
Mis en ligne le 27/03/2007
éclairage
Question à deux vieux francs. Il y a vingt ans d'ici, en mars 1987, qui donc trônait en tête de la popularité wallonne, dans le sondage trimestriel de "La Libre" ? Oufti, José Happart, et ce n'était pas une première !
Nos "baromètres" ne relèvent pas de la science exacte, et leur prétention ne sera jamais celle-là. N'empêche, il y a plus de logique que de surprise dans l'effacement du palmarès, pour la première fois depuis son apparition, de l'actuel président du Parlement wallon (nos éditions de lundi) tant cette disparition, serait-elle éphémère, paraît coller à l'irréductible déclin du personnage. De plus jeunes pourront même se demander pourquoi ces colonnes en font quelque cas. C'est oublier ou ignorer ce que représenta longtemps l'ex-Fouronnais dans les annales politiques belges comme dans les sondages de "La Libre"...
Les sondages ? Pour s'en tenir aux printemps d'après 1987, José Happart tint la tête en Wallonie jusqu'à celui de 1992, devant des tiercés alternant les Spitaels, Maystadt, Wathelet, Martens, Lizin et Busquin. Longtemps après, jusqu'à la fin des années nonante, il ne descendit jamais sous les 20 points, ce qui lui valait une place toujours en vue. Par exemple, voilà dix ans encore, en mars 1997, le deuxième podium, derrière Philippe Maystadt.
Etrange ? Peut-être. Etonnant ? Pas du tout. Pendant des années, Fourons (un porc-épic pour Eyskens père, Gaston), servit tour à tour de détonateur, prétexte ou exutoire de plusieurs crises; trop longtemps, le village ex-liégeois et désormais limbourgeois porta fort, et même violemment, l'emblème du mal belge.
L'emblème eut vite son légitime porte-drapeau. Cet Happart passant dans la presse nordiste comme un gangster, au point de ne plus pouvoir y être pudiquement identifié que sous ses initiales J.H.; tandis que les francophones le saluaient, le reconnaissaient, sinon l'adulaient comme "rebelle tranquille" - titre d'un des livres qui lui furent consacrés. Lorsqu'il endossa la fonction maïorale, une pièce à casser par les juges flamands du Conseil d'Etat, la focalisation atteignit son comble : jusqu'à l'obsession haineuse en Flandre, jusqu'au plébiscite par les francophones.
Lui engrangeait. Il dit, voire crut, qu'il avait rendez-vous avec l'histoire. Comme il n'existe pas de parti radical-terrien, il s'offrit au plus offrant. Bien en prit, électoralement s'entend, au PS "spitaelien", fût-ce avec des haut-le-coeur; et moult polémiques sur un régionalisme qu'on lui reprocha national-populiste. Pour ne pas dire : obtus et frustre.
Qu'importe, en 1999, il voulait être ministre de l'Agriculture et Busquin obéit. Chantage ? "Don José" s'en défendait fort : c'est le parti qui était venu le chercher; pas l'inverse. Aussi, aujourd'hui, c'est à mort qu'il en veut à Di Rupo de ne plus en avoir fait "que" le président du Parlement wallon, dût-il y retrouver plus de temps pour la chasse et d'autres plaisirs, alors que, tout de même, aux régionales de 2004, il fit encore le plus beau score personnel (29514 voix) de Liège.
Comment résumer le problème ? Happart a disposé d'une belle rente de situation. Or, une fois la crise fouronnaise évacuée (en 1988-89, lorsqu'il se sacrifia, rappelle régulièrement le Wallonnissime, pour permettre à la Région bruxelloise d'éclore) et ensuite consommée (en 2000, lorsque l'apport hollandais fit basculer Fourons dans le camp flamand), la situation a disparu. Et il a gardé la rente.
On le voit, à pile 60 ans, sur l'exil. Mais pas encore en fin d'aventure, à considérer que le PS dit rénovateur a remis l'espèce de double, le frère jumeau, l'illustre contractant de Francorchamps, Jean-Marie, en place utile sur la liste du Sénat.
Obama - Beckham : 1-0 !
Le chauffeur d'Emir Kir arrêté
Mort de l'écrivain mexicain...
Britney Spears : 'Prête à...