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Denis Jr sur les traces de son père

PORTRAIT PHILIPPE LAWSON

Mis en ligne le 11/05/2007

Le fils de Robert Denis est candidat à la Chambre, alors que son père tire sa révérence. André Denis (MR) a raté de peu sa tentative de le remplacer comme maïeur de Malmedy.

A près de 40 ans (il les aura en novembre), André Denis part à l'assaut d'un mandat de député à la Chambre des représentants. Il est candidat effectif à la 7e place sur la liste MR pour les élections législatives du 10 juin. "Je n'aime pas le jeu des suppléances, car c'est fausser le choix des électeurs et ça ne rapproche pas les citoyens de la politique" , précise-t-il. S'il séduit les électeurs, il aura réussi un beau coup : remplacer son père Robert Denis (MR) comme député dans une assemblée où ce dernier siège, sans discontinu depuis 1995 et qu'il a décidé de quitter à l'issue de la législature finissante. Ce n'est pas la première fois que l'enfant (prodige ?) tente de marcher dans les pas de son père. En 2006, il s'est présenté pour la première fois aux communales avec l'ambition de le remplacer comme bourgmestre de Malmedy. La liste Entente communale (EC) conduite par le député-bourgmestre a cependant raté la majorité de peu, avec dix conseillers communaux sur 21. Les affaires de confusions d'intérêts dénoncées par l'opposition d'alors à l'encontre de Robert Denis ont plombé la barque de l'EC. Denis Jr fut cependant élu (avec 1 340 voix) alors qu'il pointait à la 19e place et devient le chef de l'opposition communale tandis que son père tire sa révérence après 24 ans de maïorat à Malmedy.

Même s'il s'agit de sa première candidature au niveau national, André Denis n'est pas un bleu en politique. Outre les communales, il a déjà mené campagne pour d'autres mandats électifs, notamment en 2000 quand il se présenta pour la première fois au suffrage provincial à Spa.

Conseiller provincial assidu

Elu conseiller provincial avec plus de 4 700 voix, il a réitéré l'expérience provinciale l'an dernier, avec succès (plus de 6 100 voix). Et poursuit son mandat de représentant de la Province de Liège au conseil d'administration de l'Intercommunale (du circuit) de Spa-Francorchamps dont il est le vice-président. Au sein de l'assemblée provinciale, il émarge valablement, à titre effectif, dans deux commissions (Santé-Environnement, Agriculture) et comme suppléant dans une autre (Affaires économiques, Intercommunales). Avec assiduité. Sa tentative en 2004 pour décrocher un siège au parlement wallon fut en revanche un échec.

L'étiquette de "fils de..." ne lui colle pas trop à la peau, car il est rarement sous le feu des projecteurs. Il n'y a d'ailleurs pas qu'en politique qu'André Denis suit les traces de son père. Tout comme lui, il est médecin-vétérinaire. A sa sortie de l'université de Liège en 1993, il s'installe comme vétérinaire indépendant pour les animaux de compagnie et de rente (bétail) et lance en 1995 une clinique vétérinaire à Malmedy. Il dirige aussi une PME de salaisons à Malmedy et à Petit-Rechain (charcuterie cuite).

Ses capacités d'écoute et d'homme de contact sont indéniables. Sans oublier une certaine ténacité. Mais André Denis est loin d'être un animal politique redoutable comme son père, qui fait figure de véritable stratège et d'orateur hors pair. Contrairement à ce dernier qui fait honneur à la critique constructive et un contradicteur de taille, Denis Jr se doit encore de gagner en sagesse politique et d'accepter qu'un homme politique ne peut échapper à la critique.

En attendant, il est motivé par l'éventualité de décrocher un mandat à la Chambre. "J'ai choisi de me présenter à la Chambre par- ce que c'est une institution où le débat est plus présent, de même que l'action. Le Sénat devient une chambre d'entérinement" , dit-il.

S'il est élu, André Denis entend défendre la réforme fiscale qui a été initiée par son président de parti Didier Reynders (ministre des Finances), car il estime qu'il s'agit d'un outil susceptible de relancer l'économie. La défense des intérêts des indépendants fera également partie de son combat parlementaire. De même que ceux des agriculteurs et du secteur de l'agroalimentaire aujourd'hui soumis à une pression préjudiciable en matière de traçabilité. "La Belgique a tendance à aller plus vite que les autres pays pour appliquer les normes européennes" , déplore-t-il. Il salue "l'idée d'instaurer un écart entre les revenus de remplacement et le bas salaire pour que les gens retrouvent l'envie de travailler" .

© La Libre Belgique 2007

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