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CD & V : négocier tout de suite, appliquer plus tard

P.G.

Mis en ligne le 19/06/2007

Le CD & V/N-VA lâche déjà du lest par rapport à son cahier de revendications.

C'est par le cartel CD & V/N-VA que Didier Reynders a entamé ses consultations politiques lundi. Le contraire aurait été étonnant : avec leurs 30 sièges au sein de la nouvelle assemblée, les chrétiens démocrates et les autonomistes flamands sont un poids lourd incontournable qu'on imagine mal tenu à l'écart du prochain gouvernement.

Surprenant, CD & V et N-VA se déclarent désormais prêts à attendre... 2009 (soit le lendemain des élections régionales) pour la mise en application de la future réforme de l'Etat, histoire de répondre à la demande de Didier Reynders de ne pas donner des compétences supplémentaires aux gouvernements régionaux au sein desquels le PS est au pouvoir. Pour l'élaboration de la réforme, "le parlement doit pouvoir commencer immédiatement les travaux". Et en ce qui concerne les modalités, comme le timing et la méthode à utiliser, rien ne doit être fixé à ce stade pour le cartel. Bref, rien de très contraignant. Enfin, sur le contenu (la nature des compétences à transférer), la base pour le cartel reste les cinq résolutions du Parlement flamand, avec un accent particulier sur les leviers socio-économiques et les soins de santé. Par contre, "un accord sur la scission de l'arrondissement BHV est une condition évidente pour rentrer dans un gouvernement".

On le sait, le cartel d'Yves Leterme a largement fait campagne sur sa volonté de mettre en branle une vaste réforme de l'Etat pour élargir les compétences des Régions et des Communautés, réforme dont les francophones ne veulent pas entendre parler. En octobre dernier, Yves Leterme avait déclaré qu'il ne rentrerait pas dans un gouvernement fédéral si celui-ci n'aboutissait pas "à une réforme de l'Etat dans les domaines essentiels". Sur BHV, il avait été plus précis : il avait déclaré un an plus tôt à "La Libre" que ce dossier devrait "être résolu avant qu'un nouveau gouvernement fédéral ne se mette en place, soit après les élections".

Et nous y voilà. Lundi, concrètement, les présidents des deux partis, Jo Vandeurzen (CD & V) et Bart De Wever (N-VA) se sont retrouvés, victoire électorale en poche, face à un informateur libéral francophone qui compte le FDF dans son cartel à lui. N'empêche, on ne s'attendait pas à autant de pragmatisme et encore moins à autant de loquacité alors qu'on n'en est qu'aux préliminaires. Et il serait surprenant que ce changement de ton rapide passe inaperçu du côté flamand.

Un parti a déjà réagi, Spirit. Le partenaire en cartel des socialistes flamands a rappelé qu'une semaine avant les élections Bart De Wever avait déclaré: "Il vaut mieux négocier trois mois pour aboutir à des propositions de lois concrètes que de vite vite former un gouvernement, en se mettant d'accord sur quelques vagues principes. Sinon, plus rien ne bouge pendant 4 ans".

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