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Les syndicats défendent leur vision fédérale

V.R.

Mis en ligne le 19/06/2007

CSC et FGTB s'opposent aussi à une remise en cause de la loi de sortie du nucléaire.

Les syndicats avaient été reçus à la fin de la semaine dernière par l'informateur Didier Reynders. Ils ont dévoilé ce lundi, et ensemble, ce qu'ils lui avaient dit. A lire l'énoncé de leurs 10 grandes priorités, on se rend compte combien leurs exigences peuvent parfois heurter frontalement les partis pressentis pour former l'ossature du prochain gouvernement.

Pas touche à la Sécu fédérale

Ainsi, ils posent des balises en matière institutionnelle qui paraissent avoir été taillées sur mesure pour neutraliser le CD & V. Sans rejeter a priori une réforme de l'Etat, la CSC (syndicat chrétien) et la FGTB (syndicat socialiste) exigent que soit préservé "le caractère fédéral des mécanismes essentiels de la solidarité". Elles disent par ailleurs vouloir s'opposer à "toute réforme qui n'impliquerait pas d'amélioration pour les travailleurs et les inactifs dans les trois régions, qui les mettrait en concurrence ou qui toucherait à la solidarité interpersonnelle". Une évidence : si le futur gouvernement devait envisager une régionalisation de l'assurance-maladie ou de l'assurance-chômage, il aura fort à faire pour convaincre les syndicats de son bien-fondé.

Les deux syndicats belges ont un autre point de fixation, qui les mettra en opposition non seulement avec le CD & V mais sans doute aussi avec les partis libéraux. Pas question pour eux en effet de remettre en question la loi sur la sortie du nucléaire. "Il faut, disent la FGTB et la CSC, une politique susceptible d'aider l'économie et la société à faire le pas vers des économies d'énergie et qui a davantage recours aux énergies renouvelables."

Au passage, les syndicats égratignent Electrabel. "On nous disait que la libéralisation du marché allait provoquer des baisses de prix, avertit Claude Rolin, secrétaire général de la CSC. Chacun a pu voir, en recevant ses factures, que ce n'était pas vrai." Les syndicats exigent dès lors "une forte régulation du marché de l'électricité et du gaz". Pas sûr, cependant, que ce genre de discours passe facilement auprès des partis libéraux...

Le programme fiscal des syndicats ne plaira pas davantage au MR et au VLD. CSC et FGTB exigent notamment une évaluation de la loi sur les intérêts notionnels - une loi chère à l'informateur Didier Reynders. Les deux organisations demandent aussi la suppression du secret bancaire fiscal, une fiscalité plus forte sur les fortunes, etc.

Et puis, forcément, elles continuent à vouloir imposer une représentation syndicale dans les entreprises de plus de 20 travailleurs. Une exigence qui n'entre pas davantage dans les plans des libéraux...

Au total, il n'y a pas photo : la distance entre le programme syndical et celui qui pourrait souder une équipe orange-bleue devrait être assez importante.

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