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Trente jours plus tard, l'électrocardiogramme politique est plat

P.P.

Mis en ligne le 09/07/2007

Son défrichage du week-end, le médiateur/négociateur Dehaene ne l'a pas limité aux potentiels comparses d'une coalition orange-bleue. La classe devra bien passer, un jour, de l'observation à la dramatisation.

Médiateur ET négociateur. On n'a peut-être pas attribué à la double appellation - totalement inédite - du mandat intérimaire de Jean-Luc Dehaene l'attention qu'elle mérite. Pour le peu que l'on puisse savoir du déroulement de sa mission, la médiation paraît bien être proche de l'information (et singulièrement du pistage de différentes coalitions) et la négociation semble davantage redevable de ce qui doit (ou devrait) revenir à un formateur. Quitte à jeter de l'ombre respectivement sur Didier Reynders a posteriori et sur Yves Leterme par anticipation.

On l'a dit samedi matin, on pouvait le répéter dimanche soir : Dehaene consulte dans toutes les directions. Et si son attention paraît pour l'heure accaparée par les distanciements internes à la famille [?] chrétienne-humaniste, ses contacts ne se limitent pas aux composantes d'une potentielle bipartite orange-bleue. Si celle-ci reste l'alchimie la plus plausible, elle n'est donc toujours pas la seule.

Du reste, jeudi dernier, dans les couloirs du Sénat, le leader sortant du SP.A, Johan Vande Lanotte, indiquait qu'une tripartite n'était pas une bonne formule mais qu'il était convaincu qu'elle déboulerait sur la table des négociations. Souhait ou pronostic, voilà qui tranche avec sa propre position lorsque, dès le lundi des élections, il avait précipité la relégation de son parti vaincu dans l'opposition fédérale. Et on songe moins ici à une tripartite olivier, à laquelle la gauche chrétienne espère toujours, qu'à une tripartite traditionnelle en laquelle le CD & V voit la garantie la plus sûre d'arriver à ses fins institutionnelles.

Une bonne santé

Précisément, s'agissant de négocier, on se tromperait à réduire à l'institutionnel/communautaire les enjeux, souhaits et noeuds. On songe à la sortie du nucléaire, pour laquelle les verts auraient déjà rappelé à Dehaene leur intransigeance. On songe aussi, parmi d'autres exemples, aux soins de santé. Pourquoi ? Il se fait, annonçait "L'Echo" samedi, que leur budget 2007 devrait dégager un boni de 470 millions d'euros; soit une croissance de dépenses de 1 pc environ, contre une norme de 4,5. Un beau cadeau pour le futur exécutif, dont Rudy Demotte peut se prévaloir. Or, on voit aussitôt matière à divergences entre partenaires, quels qu'ils soient, sur le maintien de la norme en question.

Mais on n'en est pas là. Certes. Jusqu'à preuve du contraire, presque 30 jours après le 10 juin (ils seront atteints demain), on ressent même une étrange impression de calme plat. C'est bien une impression; c'est plutôt de gestion du temps qu'il s'agit, le temps requis pour fermer des portes et dégeler des susceptibilités. N'empêche, une phase n'a pas encore débuté et paraît, tôt ou tard, inévitable pour faire avancer le schmilblik : celle d'une certaine dramatisation; celle de tensions et menaces sans lesquelles il n'y a pas explications ni concessions; lorsque, d'un interrègne politique, on passe à la crise.

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