La Libre.be > Actu > Belgique > Article
L'après 10 juin
Oui, le CD & V est de retour
Vincent Rocour
Mis en ligne le 17/07/2007
Voilà. Celui que tout le monde voit comme Premier ministre depuis des mois s'est singulièrement rapproché du "16, rue de la Loi". Dimanche soir, un peu à la surprise générale (lire page 6), Yves Leterme a été désigné formateur par le Roi. Il a pris le relais des mains du négociateur Jean-Luc Dehaene dont le mérite principal est d'avoir convaincu le CDH que l'orange bleue n'offre pour ainsi dire aucune autre alternative.
Il n'y a désormais plus d'ambiguïté : le cartel CD & V, le CDH, le MR et l'Open VLD vont négocier, ensemble, un programme de gouvernement. Et ce n'est déjà pas si mal - quoi que puisse en penser le CD & V qui n'a pas fait preuve de beaucoup de reconnaissance à l'égard du démineur de Vilvorde.
Le cours des choses va s'accélérer. Mais avant d'entrer dans la bagarre, il reste des non-dits à lever. Un peu à la manière d'un favori du Tour de France qui resterait tapi au milieu du peloton avant d'atteindre la montagne, Yves Leterme s'est montré fort discret jusqu'à présent. Il devra se découvrir, montrer sa capacité à diriger une équipe, à élaborer des stratégies gagnantes, à passer les difficultés en homme fort.
L'ex-ministre-Président flamand sera notamment contraint de (re)gagner la confiance des partis francophones. Son interview en août 2006 au quotidien "Libération", certaines déclarations dans les congrès de son parti ont chiffonné de nombreuses sensibilités. Avant de parler de contenu, Yves Leterme devra prouver au MR et au CDH qu'il entend agir dans l'intérêt de tous les Belges et qu'il sera le Premier ministre de tous les Belges. Ce qui suppose de tempérer quelque peu l'ardeur de la N-VA, l'allié du CD & V.
A Val Duchesse
Cette période de décantation pourrait prendre une semaine. Yves Leterme n'a en tout cas pas laissé traîner les choses. Lundi, il a rencontré Guy Verhofstadt, celui qui est toujours Premier ministre et à qui il devrait succéder. Il a ensuite rendu une visite au président de la Chambre, Herman Van Rompuy (CD & V) et à celui du Sénat, Armand De Decker (MR).
Il devait ensuite régler des problèmes d'intendance - une preuve de plus que le retrait de Jean-Luc Dehaene a été précipité. Yves Leterme a ainsi jeté son dévolu sur le château de Val Duchesse pour recevoir ses partenaires au cours de sa mission et abriter leur négociation. Val Duchesse comme au bon vieux temps où Jean-Luc Dehaene était Premier ministre et qu'il emmurait son équipe jusqu'à l'obtention d'un accord. Quel symbole.
Le formateur rencontrera ce mardi, un par un, les présidents des 4 formations politiques qui composent l'orange bleue. Il s'attellera ensuite à la rédaction d'une note de formation, qui devrait faire l'inventaire des obstacles à contourner. Une note qui devrait dès lors avoir un certain volume. Car on l'a dit, on répète : les difficultés ne manquent pas. L'institutionnel fait office de col hors catégorie. Mais ce n'est pas le seul gros morceau. La nervosité gagne déjà sur le terrain budgétaire. Le CDH a évoqué l'existence d'un trou de 1,5 milliard d'euros à combler. Les libéraux ont aussitôt relativisé les critiques. On promet bien du plaisir à Yves Leterme.
Obama - Beckham : 1-0 !
Le chauffeur d'Emir Kir arrêté
Mort de l'écrivain mexicain...
Britney Spears : 'Prête à...