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Val Duchesse Academy
À très petits pas
V.d.W.
Mis en ligne le 14/08/2007
Au château de Val Duchesse, quelque chose a changé. Il y aurait de l'optimisme dans l'air. Enfin presque : "On s'est mis d'accord pour vous dire que tout va bien...", a ricané Olivier Maingain, lundi soir, devant les grilles du domaine. C'est qu'Yves Leterme a visiblement changé de tactique. Il fuit désormais les grandes négociations, préférant les discussions en petits groupes.
Lundi, c'est par "famille politique" qu'il a rassemblé les négociateurs. Il a d'abord fait le point du budget 2008 et les perspectives budgétaires jusqu'en 2011 avec les libéraux (MR et Open VLD) et fera de même avec les humanistes/démocrates chrétiens aujourd'hui. Lundi, après-midi, changement non de décor mais de partenaires. Ce sont les seuls francophones qu'il a réunis pour discuter avec eux des dossiers institutionnels.
Dans le camp francophone, entre MR et CDH on le sait, le climat est plutôt bon et constructif. Les francophones ont reprécisé à Yves Leterme leur position, prolongeant ainsi la réunion positive qu'ils avaient tenue samedi au cabinet des Finances. Mais tant que la "confrontation" avec les Flamands n'a pas eu lieu sur ces questions, on ne pourra évidemment pas parler de progrès. "Quand nous sommes entre francophones, le climat est serein et correct, a souligné lundi soir la présidente du CDH Joëlle Milquet. Mais je crains que cela ne soit beaucoup plus compliqué quand nous serons à la table de négociation avec les partis flamands".
"Un chiffon rouge"
Les francophones acceptent la discussion proposée (sur la SNCB, l'emploi, la justice, la santé), mais rejettent toujours vigoureusement toutes les demandes flamandes qui organisent ou amènent subrepticement la régionalisation des matières. La réorganisation des compétences, disent les francophones, peut se faire par une meilleure collaboration entre entités. Mais la participation des entités fédérées aux organes de gestion des soins de santé ou de la SNCB recèle les germes d'une régionalisation.
Mardi matin, Yves Leterme devrait à nouveau rencontrer les chefs de délégations francophones. Le formateur doit, en principe, enfin leur présenter la liste de demandes complémentaires posées par les négociateurs flamands. Cette liste - réactualisée - comprend des points à trancher à la majorité simple et d'autres aux 2/3. "On va finir par se demander si cette liste existe vraiment, grince un négociateur francophone. Ou si c'est juste un chiffon rouge agité pour nous exciter".
Le formateur n'a toujours pas, non plus, présenté aux francophones de voie à suivre dans le dossier de la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Or BHV, dossier étendard des partis flamands, jette son ombre sur l'ensemble des questions communautaires. Olivier Maingain a martelé, lundi, le créneau des francophones : "une scission de l'arrondissement de BHV ne sera possible qu'à condition d'élargir le territoire de la Région bruxelloise". Et a été rejoint par Joëlle Milquet : "C'est effectivement ce que nous avons toujours dit", a-t-elle confirmé en sortant de Val Duchesse.
L'impatience du VLD
Au VLD, l'impatience grandit. D'autant qu'on se souvient avec amusement, voire avec un certain agacement, des leçons de bonne gouvernance du CD & V qui, pendant 8 ans, depuis les rangs de l'opposition, raillait la méthode Verhofstadt, son manque de rigueur budgétaire et son incapacité à nouer des accords institutionnels.
La méthode de travail ? Il est maintenant prouvé, dit ce libéral flamand, qu'en s'enfermant dans un château, les accords sont encore plus compliqués à négocier. D'autant que les négociateurs ne sont en rien tenus au secret : chaque fois qu'ils franchissent la grille du parc, ils lancent leurs petites phrases. Avec Verhofstadt, les nuits de négociations étaient rentables.
Le budget 2007 ? Il sera dans le rouge et ne présentera pas le surplus structurel qui, aux yeux du CD & V, était indispensable pour financer le choc démographique des années futures.
Pas d'accord institutionnel pendant 8 ans ? Au VLD, on est impatient de voir ce qui sortira réellement du château de Val Duchesse. Car les Flamands qui y négocient, ceux du CD & V surtout, de la N-VA, sont les durs des durs sur le plan communautaire, les vrais nationalistes, qui n'ont pas encore démontré, jusqu'ici leur capacité à réaliser de vrais compromis sur le plan institutionnel.
et
Savoir Plus
Une dizaine d'étudiants de la Fédération des Etudiants Francophones (FEF) et de la Vlaamse Vereniging van Studenten (VVS) se sont rassemblés mardi matin devant les grilles de Val-Duchesse pour remettre aux négociateurs un cahier de "devoirs de vacances" reprenant leurs revendications à l'adresse du pouvoir fédéral.
"Souvent, l'on pense que les étudiants relèvent seulement des Communautés mais un nombre important de dossiers concernent le fédéral", a expliqué David Cordonnier, vice-président de la FEF.
Il en est ainsi du numerus clausus imposé dans certaines filières médicales, du revenu d'intégration pour les étudiants, de la mobilité ferroviaire, du sort que réserve l'Office des étrangers à certains étudiants étrangers, etc.
"Quand Didier Reynders a été nommé informateur, nous l'avons contacté mais il ne nous a même pas répondu. Nous avons donc décidé d'aller à la rencontre des négociateurs", a ajouté M. Cordonnier.
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