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Crise

Un non francophone à Yves Leterme

christian laporte

Mis en ligne le 28/08/2007

Les opinions publiques du Nord et du Sud jugent différemment la crise actuelle. En Flandre, les thèses séparatistes gagnent du terrain.

éclairage

La Belgique va-t-elle s'évaporer comme l'ont appelé de leurs voeux les quelques milliers de Flamands réunis dimanche au pied de la tour de l'Yser à Dixmude ?

A entendre certains récents commentaires et sondages, l'on pourrait penser que l'idée est plus ancrée au nord qu'au sud du pays.

N'en déplaise aux Cassandre qui parlent déjà d'un fossé abyssal entre les deux opinions publiques mais selon un autre sondage réalisé on line pour "La Libre Belgique" par Ant Research, francophones et Flamands croient encore à de larges majorités à la poursuite de l'aventure belgo-belge. Du moins pour le moment ou plutôt dans un an ainsi qu'on le leur a demandé.

Modèle bruxellois à suivre ?

Pour la suite, on constate encore des concomitances même si les francophones sont toujours un peu plus optimistes que les Belges du nord...

En 2012, la Belgique devrait encore exister pour 85 pc des Wallons et des Bruxellois francophones mais ce n'est plus l'avis que de 79 pc des néerlandophones. Et si on leur pose la même question à l'horizon de 2017, ils sont encore respectivement 62 pc et 60 pc à l'estimer.

Un constat : les Bruxellois qui vivent au quotidien la cohabitation communautaire émergent aussi comme ceux qui croient le plus à la poursuite de l'expérience.

De quoi se montrer relativement optimistes ? L'on n'ira pas jusque-là lorsqu'on constate par ailleurs que la perception de la crise actuelle amène pratiquement un Flamand sur deux à penser que le citoyen belge serait gagnant d'une séparation entre francophones et néerlandophones. Par contre, ce n'est l'avis que de 11,2 pc des francophones dont 85 pc rejettent ce scénario du pire.

Là encore, les Bruxellois sont les plus irréductibles opposants (près de 91 pc), suivi de peu par les Wallons (80,3 pc). Par contre, les Flamands sont nettement plus divisés puisque 47,6 pc d'entre eux seraient favorables à une scission mais presque autant ne le pensent pas.

Pour sortir une fois pour toutes de l'imbroglio communautaire ne faudrait-il pas dès lors organiser une consultation populaire ? L'idée agrée tant les francophones que les Flamands mais de manière plus restrictive en Flandre : si c'est l'opinion de 82,5 pc des francophones, ils ne sont que 6 Flamands sur 10 à le penser. Lorsqu'on ventile les données par région, ce sont une fois encore les Bruxellois qui plaident le plus pour une telle formule (90,7 pc) pour 80 pc des Wallons et 62 pc des Flamands.

Voilà pour ce qui est des perspectives à plus ou moins long terme.

Sur la crise politique actuelle, les avis sont de nouveau très tranchés selon que l'on se situe au nord ou au sud de la frontière linguistique.

Non à l'orange bleue

Ainsi, sur la question de savoir à qui incombe la responsabilité du blocage actuel, les francophones pointent nettement le CD & V et la N-VA (40,2 et 50 pc) alors que pour les citoyens nordistes, c'est surtout la faute du CDH. Et cet avis est assez identique à Bruxelles et en Wallonie.

Faut-il pour autant envoyer l'orange bleue dans les poubelles de l'Histoire ? Les néerlandophones ne le pensent pas à 49,7 pc mais du côté francophone, seulement 43,8 pc veulent encore croire à la formule. Mais de part et d'autre, on n'est pas loin de 20 pc d'indécis.

Les avis sont nettement plus tranchés par rapport à Yves Leterme. 73,7 pc des francophones estiment qu'il ne peut plus devenir Premier ministre fédéral, 64,1 pc des Flamands pensant le contraire. Les Wallons sont un fifrelin plus opposés encore à l'ancien ministre-président flamand que les francophones de Bruxelles.

Enfin, le sondage de Art Research a voulu savoir si, comme les négociateurs flamands le pensent, le volet institutionnel est un préalable à la formation d'un gouvernement fédéral. Ici encore, il y a une nette césure entre le nord et le sud : pour les citoyens francophones, la réponse est... non à 65,4 pc et seulement un sur cinq pense le contraire. Par contre, du côté flamand, 52,6 pc sont d'avis qu'il faut entamer les discussions par cette approche mais un peu plus d'un quart des Flamands ne sont pas de cet avis. Et en Flandre, le nombre d'indécis monte quand même à 21,2 pc alors qu'il n'est que de 14,4 pc dans les rangs francophones.

Les résultats du sondage détaillés en fonction de la région, de l'âge et du niveau d'éducation se trouvent sur Web www.lalibre.be

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