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Crise
Le Roi convoque "ses" sages
V.d.W.
Mis en ligne le 28/08/2007
Il fallait gagner du temps et donner aux partis, en coulisses, le temps de trouver une formule pour relancer le processus de négociation. La formule imaginée, la nomination de deux co-médiateurs ayant été bloquée par le CD & V, il fallait bien trouver autre chose.
Le Palais a imaginé de rappeler en audience quelques-uns des ministres d'Etat (voir page suivante) qui, précisait le communiqué du Palais royal "ont eu une grande expérience des crises communautaires dans notre pays." Cette fois, Albert II ne limitera pas ses audiences aux seules personnalités de l'orange bleue. Il a déjà reçu Wilfried Martens et Jean-Luc Dehaene (anciens Premiers ministres CVP), Philippe Moureaux, ancien ministre PS des réformes institutionnelles. Et ce mardi, il recevra Gérard Deprez, (ancien président du PSC, aujourd'hui vice-président du MR) Willy Claes, ancien vice-Premier ministre SP.A ; José Daras (ancien ministre Ecolo) et Jos Geysels (Agalev). Louis Michel, commissaire européen actuellement en mission à Nairobi viendra mercredi. Curieusement, aucun CDH n'est pour l'instant prié : ni Philippe Maystadt, ni Charles-Ferdinand Nothomb, ni Raymond Langendries qui correspondent pourtant au profil recherché. Simple oubli ?
Sans doute le Roi recevra-t-il de ses invités mille et un conseils précieux pour relancer le processus de négociation stoppé net depuis qu'Yves Leterme a demandé à être relevé de sa fonction de formateur. Il se confirme que c'est bien le CD & V qui n'a pas voulu de la mission de co-médiation Langendries-De Croo. La jugeait-il trop "légère" ? Fallait-il un moment de dramatisation pour donner l'impression que l'obstacle insurmontable qui avait fait chuter Yves Leterme ne pouvait être levé par un duo d'hommes de second rang ? Craignait-il, le CD & V, que MM. Langendries et De Croo ne débouchent sur des conclusions jugées trop fédéralistes par les sociaux-chrétiens flamands ?
Il semble bien qu'une des clés de la crise actuelle soit à trouver au CD & V. Plusieurs éléments entrent en ligne de compte : le parti a, pour l'instant, perdu la main. Il voudra la reprendre en bout de course, pour le sacre d'Yves Leterme en tant que Premier ministre. Mais avant de remettre son poulain dans la course, le CD & V veut avoir la garantie que la négociation, cette fois, débouchera sur un accord. Accord impossible, évidemment, tant que les partis, le CD & V et le CDH en particulier, campent sur leurs positions. L'un exigeant un accord sur les réformes institutionnelles dans le cadre de la négociation de gouvernement ; l'autre préférant reporter à plus tard une négociation institutionnelle qui, insiste Joëlle Milquet (voir page 2) pourrait impliquer les entités fédérées et donc, tous les partis démocratiques au pouvoir. On est donc loin du consensus.
C'est pourquoi l'idée de découpler les deux négociations, institutionnelle d'une part, autres dossiers, de l'autre, semble faire son chemin. Mais cette concession flamande aurait un "prix" : que l'on règle d'abord la question de la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde.
Certains Flamands se demandent également si, autre stratégie, la Flandre n'obtiendrait pas plus, sur le plan communautaire, si elle acceptait que Didier Reynders devienne le futur Premier ministre...
Qui relancera la négociation ? Pour Karel De Gucht, le ministre des Affaires étrangères (VLD), c'est clair : seul René Magritte, le maître du surréalisme, aurait fait l'affaire...
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