La Libre.be > Actu > Belgique > Article
crise
Le CD & V veut encourager Van Rompuy et maîtriser Leterme
V.d.W.
Mis en ligne le 10/09/2007
Ce matin, rue de la Loi, au numéro 89 (pour le 16, il faudra encore un peu patienter), Yves Leterme, sénateur promis à un bel avenir, rejoindra l'ensemble des membres du bureau de son parti, le CD & V. A l'ordre du jour ? "Stand van zaak" dit-on laconiquement au parti, à savoir le point sur les négociations gouvernementales alors que l'on entame le troisième mois de crise. C'est le président, Jo (prononcez "Yo") Vandeurzen, qui fera rapport aux bonzes de son parti. Discrétion oblige, l'explorateur Herman Van Rompuy devrait rester invisible.
Yves Leterme sera là. Oui, c'est toujours lui, bien lui et personne d'autre, qui demeure le seul candidat Premier ministre du parti. Impossible, confirme-t-on à plusieurs sources, de se passer d'un homme qui a recueilli 796521 voix de préférence le 10 juin dernier. C'est lui que la Flandre a plébiscité, le Monsieur "goed bestuur" comme on l'a surnommé dans sa terre natale. Peu importe si, en trois mois, il est passé de la case "goed bestuur" à la case "cafouillage". Car ce sont les francophones, affirme-t-on dans son parti, qui sont en grande partie responsables de son échec. Ses maladresses, il les a reconnues, publiquement, et il les assume. Donc, lorsqu'il reviendra au-devant de la scène, ce sera pour conclure. Et en beauté. Acceptons-en l'augure...
D'ailleurs, des soutiens, dans le parti, il n'en manque pas, Yves Leterme, à commencer par le président, Jo Vandeurzen, mais aussi Inge Vervotte ou Hilde Crevits, par exemple. L'ancien Premier ministre, Wilfried Martens, lui accorde toujours aussi sa confiance. Ce week-end, il a prestement nuancé les propos publiés dans "Le Nouvel Observateur" où il disait avoir des remords d'avoir dynamisé l'ambition fédérale d'Yves Leterme. M. Martens a corrigé, indiquant qu'il se sentait "un peu coupable d'avoir encouragé Leterme dans ce devoir plein de risques". Car, en janvier dernier, avec les autres Premiers ministres CVP (Tindemans, Eyskens et Dehaene), Martens avait estimé qu'il était temps que son parti récupère le "16" rue de la Loi. Sans doute Yves Leterme n'a-t-il pas été insensible aux douces pressions de ses aînés, lui qui coulait des jours heureux à la tête du gouvernement flamand dont le principal souci était de gérer l'abondance et la prospérité. Mais ça, c'est un autre débat.
Letermania
Cela dit, au CD & V, Leterme n'a pas, non plus, que des amis. Car certains de ses collègues ne sont pas tombés dans la "Letermania" qui a déferlé sur toute la Flandre il y a quelques mois.
Au premier rang des indifférents, se trouvent... Herman Van Rompuy, Pieter De Crem ou l'ex-médiateur Jean-Luc Dehaene. Il n'y a pas d'hostilité entre eux, mais pas non plus un franc soutien.
La difficulté, pour Yves Leterme, sera donc de se réinstaller, au bon moment, dans le fauteuil de formateur du gouvernement. Ni trop tôt, pour ne pas détruire ce que l'explorateur tente patiemment de construire. Ni trop tard, pour ne pas avoir l'air de n'être que le notaire du gouvernement. Sa crainte, on le sait, est de ne pas maîtriser la fin du processus. Il lui faudra beaucoup de tact car autant les négociateurs francophones ont été séduits par le professionnalisme d'Herman Van Rompuy, autant ils se méfient du retour de celui que certains appellent "le gamin" (à 46 ans... - quelle chance !)
Le CD & V fera tout pour conserver la main. Car en cas d'échec d'Herman Van Rompuy et donc d'Yves Leterme, le poste d'explorateur, d'informateur ou de formateur lui échapperait définitivement.
Obama - Beckham : 1-0 !
Le chauffeur d'Emir Kir arrêté
Mort de l'écrivain mexicain...
Britney Spears : 'Prête à...