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Pour l'économie, il ne faudrait pas que la crise s'éternise...
P.Lo et P.V.C.
Mis en ligne le 20/09/2007
Plus de cent jours sans gouvernement, ce n'est pas bon pour l'économie nationale qui, par définition, a horreur du vide et de l'instabilité. La radicalisation du débat et le bras de fer permanent entre les communautés désarçonnent les investisseurs étrangers qui se posent des questions. Des titres aussi nuancés que " Bye bye Belgium ", parus dans la presse internationale, engendrent la suspicion et font forcément du tort.
Le gouverneur de la Banque nationale, Guy Quaden, est l'un des premiers à avoir tiré la sonnette d'alarme, estimant que la crise politique "altère l'image de notre pays". "Il ne faut toutefois pas dramatiser son impact économique", a-t-il déclaré au "Tijd" et à l'"Echo".
"La situation est dangereuse potentiellement, mais il est difficile de citer des conséquences concrètes", souligne Jeroen Langerock, porte-parole du patronat (FEB), qui précise que si la négociation gouvernementale "devait s'éterniser", les choses deviendraient "plus sérieuses". Citant l'exemple du social, il affirme que le timing fixé avec les partenaires sociaux sous l'égide de l'ancienne coalition "sera respecté". Ce sera le cas de la norme salariale remaniée le 1er octobre, dit-il, ainsi que des élections sociales, "vu que les règles antérieures n'ont pas changé".
Ce point de vue est partagé par plusieurs patrons en vue qui ont eu l'occasion d'expliquer sur les ondes et dans les journaux que si leur entreprise ne subit pas encore les conséquences directes de la crise, celle-ci est néfaste pour l'image du pays et risque d'altérer la confiance des consommateurs. "J'ai toutefois du mal à imaginer qu'un seul investisseur s'est détourné du pays", observe Philippe Defeyt, économiste (Ecolo), qui ajoute que "la principale difficulté liée aux crises politiques était avant d'ordre monétaire, ce qui ne joue plus vu que l'on est dans l'euro". (voir ci-dessus)
"On ne note pas encore d'impact visible sur le niveau de confiance des consommateurs ou des entreprises, poursuit un spécialiste de la conjoncture. Il est impossible de mesurer un tel effet à court terme sur la croissance. De plus, si on devait noter des inflexions sur les courbes des indicateurs conjoncturels, il ne serait pas encore évident de les associer à la crise institutionnelle, ou au risque de voir celle-ci perdurer..." Ces indicateurs, calculés par la Banque nationale, indicateur synthétique sur la confiance des entreprises ou l'enquête mensuelle de confiance des consommateurs, peuvent être affectés par d'autres facteurs. "En effet, et de manière sensible, même s'il n'y a pas d'effet réel à long terme sur l'économie. C'est notamment le cas des fermetures d'entreprises, ou de grosses restructurations comme celle de Janssen Pharmaceutica. Mais globalement, même les périodes institutionnelles troublées des années 60 ont eu peu d'impact sur l'économie", dit cet expert.
Quid enfin des recettes fiscales ? "Les principales mesures adoptées par le gouvernement ont été passées avant les vacances. Pas de problème dès lors. Mais il est vrai que les investisseurs pourraient craindre l'instabilité née de la crise", explique un fiscaliste.
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